Émulation PS5 : Kyty passe la vitesse supérieure

/ L'émulateur PS5 Kyty gagne 800 % de performances et fait tourner Demon's Souls Remake entre 10 et 18 fps. Un cap symbolique pour une technologie balbutiante.
publié le 15 septembre 2026

L'émulation de la PlayStation 5 reste un chantier titanesque, mais elle avance à grands pas. Le projet Kyty (ou kytyPS5) vient de franchir un cap spectaculaire : en l'espace de vingt-quatre heures, ses performances ont bondi de 800 %, faisant passer le remake de Demon's Souls de 2 images par seconde à une fourchette de 10 à 18 fps. Un chiffre encore loin de la jouabilité, mais qui témoigne d'une progression fulgurante sur un terrain que beaucoup jugeaient inaccessible avant des années.

Un bond de 800 % en vingt-quatre heures

Développé de manière indépendante et disponible sur GitHub, Kyty s'attaque à l'une des consoles les plus complexes à reproduire, tant son architecture est récente et verrouillée. Le gain de performance annoncé par l'équipe est considérable : le remake de Demon's Souls, titre de lancement de la PS5 réalisé par Bluepoint Games en 2020, sert de vitrine à cette avancée. Sur une configuration équipée d'une NVIDIA GeForce RTX 5060, le jeu atteint désormais 10 à 18 fps, là où il peinait à afficher deux images par seconde la veille.

L'émulateur ne se limite pas à ce seul titre. D'autres jeux démarrent, avec des résultats plus ou moins convaincants : Astro Bot tourne autour de 11 fps mais souffre de « problèmes visuels majeurs », tandis que GTA 5 et l'indépendant Stray figurent également parmi les logiciels qui répondent présents. Fait notable, Kyty dépasse désormais SharpEmu, jusqu'ici considéré comme l'émulateur PS5 le plus abouti. La course entre projets concurrents, saine par nature, tire l'ensemble de la scène vers le haut.

Une progression à relativiser

Il convient toutefois de garder la tête froide. Passer de 2 à 18 fps représente une multiplication impressionnante, mais l'on demeure très en deçà des 30 ou 60 images par seconde nécessaires à une expérience réellement jouable. Les « problèmes visuels majeurs » relevés sur plusieurs titres rappellent que l'on parle ici d'une preuve de concept, destinée aux curieux et aux développeurs, non au grand public. L'auteur du projet vise néanmoins la barre des 30 fps d'ici la fin 2026, un objectif qui, s'il était tenu, changerait la donne.

Nous suivons ce dossier de longue date mais par intermittences. Nous avions déjà consacré un article dédié à l'état de l'émulation PS5, dans lequel Kyty apparaissait déjà comme l'un des projets les plus prometteurs. Le nom n'est pas non plus inconnu de nos lecteurs, puisque nous évoquions les premiers pas de l'émulateur Kyty à ses débuts. Voir un tel projet accélérer aussi vite confirme que l'émulation des consoles de dernière génération n'est plus une chimère, mais une affaire de temps et de persévérance.

Ce que cela dit de l'émulation moderne

Au-delà des chiffres, cette avancée illustre une dynamique de fond. Là où l'émulation d'une machine prenait autrefois des années avant d'afficher le moindre résultat, la PS5 voit émerger des projets fonctionnels alors qu'elle est encore commercialisée. Ces travaux, souvent menés par des passionnés isolés, posent aussi des questions de préservation à long terme : documenter et reproduire une architecture pendant qu'elle est vivante, c'est éviter qu'elle ne devienne une boîte noire une fois abandonnée. Kyty n'en est qu'à ses balbutiements, mais chaque image par seconde gagnée rapproche un peu plus ce moment où les jeux PS5 tourneront, un jour, sur du matériel qui n'aura jamais porté le logo Sony.

YouTube Thumbnail

Sources : GitHub

‹ Article précédent
Retour sur Ragol : Phantasy Star Online tourne désormais dans un onglet
Article suivant ›
Élastique comme au premier jour : Putty rebondit sur Switch 2