
Voir tourner un jeu de tir à la première personne sur Super Nintendo tient déjà de la prouesse ; le faire dans un registre d'horreur gothique relève carrément du programme ambitieux. C'est le pari de Veins of Iron, premier projet commercial du studio Mode VII, qui vise la console de Nintendo et vient de lancer sa campagne de financement participatif.
Un FPS d'horreur gothique sur Super Nintendo
Ouvertement inspiré de Wolfenstein 3D et des jeux d'horreur et de survie des années 1990, au premier rang desquels Resident Evil, Veins of Iron plonge le joueur dans une Europe post-industrielle rongée par « la suie, l'acier et la superstition », selon les mots de son créateur Jan Olausson, jusqu'ici actif dans le homebrew et qui signe là son premier projet commercial. On y incarne Viktor Eisenhart, rescapé de la Première Guerre mondiale aux blessures jamais refermées, lancé sur la piste de meurtres rituels liés à des moines apostats au service d'une puissance ancienne. Ruelles éclairées par les feux de la peste, usines, manoirs, catacombes et ruines fortifiées composent un décor oppressant, jusqu'à la découverte d'un rite industriel censé réveiller une force scellée sous l'ancien monde. Côté contenu, le studio annonce vingt niveaux, cinq armes, huit types d'ennemis et quatre boss.




Une cartouche dopée à la Raspberry Pi
La prouesse technique repose sur une astuce assumée : plutôt que de s'appuyer sur une puce d'extension d'époque à la Super FX, Veins of Iron fonctionne sur une vraie Super Nintendo grâce à une cartouche spéciale embarquant un coprocesseur Raspberry Pi RP2350B. Ce composant moderne doté d'un double cœur ARM Cortex-M33 cadencé à 150 MHz, 8 Mo de mémoire flash et 1 Mo de SRAM, épaule la console pour atteindre 30 images par seconde sur le matériel d'origine. Le jeu est développé en C et en assembleur 65816, le langage historique du processeur de la Super Nintendo, et promet sols et plafonds texturés, éclairages, secousses d'écran et événements scriptés. L'approche soulève inévitablement un débat chez les puristes, puisqu'une partie du travail est déléguée à une puce bien plus récente que la machine hôte. Elle s'inscrit néanmoins dans une scène Super Nintendo toujours bouillonnante, entre hacks ambitieux comme Super Mario Kart Deluxe et outils de création maison tels que RetroGameForge.

Un Kickstarter lancé, une question sur l'IA
La campagne Kickstarter a été lancée à la mi-octobre 2026, avec un objectif de 9 900 euros. Au moment de la rédaction, elle réunissait déjà 7 502 euros auprès d'une soixantaine de contributeurs. Des éditions physiques en boîte, aux formats NTSC et PAL, sont proposées à 99 euros. Un point mérite d'être clarifié : contrairement à ce que l'on pourrait craindre, le pixel art réalisé sous Aseprite sont entièrement faits main, sans recours à l'intelligence artificielle. Seule la jaquette promotionnelle utilise pour l'instant un visuel généré par IA, présenté comme « temporaire » par Mode VII, qui promet de le remplacer par une illustration dessinée à la main une fois le financement bouclé. Une précision qui devrait rassurer une communauté rétro souvent allergique aux images de synthèse automatisées.
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