Quand une cigarette électronique devient une console pour Doom

Le hacker Aaron Christophel a détourné une cigarette électronique Aspire Pixo pour y afficher Doom : récit d'un nouveau détournement dans la grande tradition du « Can it run Doom ? ».
publié le 7 juillet 2026

Le célèbre défi « Can it run Doom ? » vient de trouver l'une de ses cibles les plus saugrenues : une cigarette électronique. Le bidouilleur allemand Aaron Christophel, connu sous le pseudonyme atc1441, est parvenu à afficher le FPS légendaire d'id Software sur l'écran d'une vulgaire puff, ces cigarettes électroniques jetables devenues omniprésentes. Un exploit qui, comme souvent, en dit long sur la puissance insoupçonnée de nos gadgets du quotidien.

Doom, ou presque : le mur des 64 Ko

L'appareil martyr est une Aspire Pixo, un petit pod rechargeable doté d'un écran tactile de 323×173 pixels et d'un microcontrôleur Puya PY32F403XC à cœur Cortex-M4. Sur le papier, de quoi faire tourner Doom : le processeur et l'espace de stockage suffisaient amplement. C'était compter sans le talon d'Achille de la puce : ses maigres 64 Ko de SRAM. Malgré la légèreté proverbiale du code de 1993, le jeu réclame davantage de mémoire vive pour gérer simultanément l'affichage, la logique et le son. Faute de portage natif, Christophel a donc rusé : il a écrit un firmware transformant la vape en écran secondaire. Reliée en USB à un PC qui exécute réellement Doom, la puff reçoit l'image compressée du jeu et l'affiche sur son minuscule écran, à environ 6 images par seconde, le tout piloté au clavier et à la souris. Les curieux trouveront le firmware et les détails sur le dépôt GitHub du projet.

Un habitué du détournement électronique

Ce tour de force n'a rien d'un coup de chance. Aaron Christophel s'est fait une spécialité de la rétro-ingénierie : acheter de l'électronique bon marché, la démonter, en extraire le firmware, puis le remplacer par le sien pour lui faire faire tout autre chose que prévu. Avant la cigarette électronique, il avait déjà fait tourner ou afficher Doom sur une brosse à dents électrique, un pot de fleurs connecté ou encore une station de charge Anker. Il rejoint ainsi la longue cohorte des machines improbables converties au FPS d'id Software depuis l'ouverture de son code source en 1997 — des calculatrices aux réfrigérateurs, en passant par les thermostats et les distributeurs de billets.

La puff, un petit ordinateur qui s'ignore

Au-delà de la prouesse, l'affaire souligne un paradoxe : ces objets pensés pour une durée de vie éphémère embarquent en réalité des composants dignes d'un véritable ordinateur miniature. Le marché des puffs, où des marques comme la marque de puffs JNR rivalisent d'écrans et d'électronique soignée, illustre cette montée en gamme du matériel jetable. Entre les mains de bricoleurs comme atc1441, ces appareils trouvent une seconde vie inattendue — et posent, au passage, la question du gâchis que représente leur obsolescence programmée. La démonstration s'inscrit dans une tradition homebrew bien vivante, celle qui a récemment vu Doom conquérir la Neo Geo AES, dernière console qui lui résistait encore.

Sources : Frandroid, Vaping Post, Actustream

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