
Le catalogue du TI-99/4A, le micro-ordinateur lancé par Texas Instruments en 1981, vient de s'enrichir d'un invité aussi inattendu qu'enthousiasmant. Le développeur belge Danny « The Mole » a en effet porté Celeste sur la machine, plus précisément sa version d'origine née sur Pico-8. Une prouesse partagée sur le forum AtariAge, qui prouve une nouvelle fois que les platformers les plus exigeants trouvent toujours preneur du côté de la scène rétro la plus pointue.
Madeline grimpe sur le TI-99/4A
Pour mémoire, Celeste est né en 2015 d'un prototype conçu en trois jours sur Pico-8 par Maddy Thorson et Noel Berry, depuis baptisé Celeste Classic. C'est cette mouture, réécrite en C, qui sert de base au portage. Le principe reste inchangé : incarner Madeline et gravir une montagne dans un « hardcore platformer » qui ne fait pas de cadeau, entre sauts, dash et glissades le long des parois. Le développeur lui-même y voit une relecture moderne d'Alpiner, l'un des classiques de l'escalade sur TI-99. Deux schémas de contrôle sont proposés : un seul joystick (haut pour sauter, tir pour le dash) ou une configuration à deux manettes — vivement recommandée — pour les possesseurs de pads Genesis convertis.
Un portage au prix de quelques sacrifices
Faire tourner un jeu pensé pour la machine virtuelle de Pico-8 sur un ordinateur de 1981 ne va pas sans concessions. Si l'original affiche 30 images par seconde, la version TI ne maintient ce rythme que dans les niveaux les plus simples ; dès que les objets dynamiques se multiplient à l'écran, les chutes de framerate se font sentir. Pour tenir la cadence, Danny « The Mole » a dû renoncer à plusieurs effets emblématiques : les particules de neige, la chevelure animée de Madeline et la seconde couche de nuages qui donnait tant de cachet au défilement d'arrière-plan. Un niveau a même été retouché, faute de pouvoir afficher autant de sprites par ligne sur le matériel. En revanche, la physique et le gameplay sont des portages directs de l'original, et le ressenti se veut identique. L'auteur, qui avoue ne pas être un foudre de guerre, atteint le niveau 11 avec les deux configurations.
Au-delà du jeu, une boîte à outils en C
Le plus intéressant se cache peut-être en coulisses : ce portage n'est qu'une vitrine pour un nouvel ensemble d'outils de développement en C que Danny « The Mole » conçoit pour le TI-99/4A. Celeste lui a servi de banc d'essai grandeur nature, et le code source du jeu ne sera diffusé qu'une fois cet outillage rendu public, faute de quoi il serait pour l'heure impossible à recompiler. Une démarche qui dépasse le simple exercice de style et pourrait, à terme, faciliter l'arrivée d'autres conversions ambitieuses sur la machine. Le titre rejoint en tout cas la longue cordée des portages amateurs de Celeste, après la version NES et la suite Celeste 2 : Lani's Trek sur Pico-8.
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