PPSSPP lance désormais les jeux PS1 grâce à POPS, l'émulateur de Sony

/ PPSSPP exécute désormais POPS, l'émulateur PS1 du firmware de la PSP, et lance les images disque BIN/CUE, CHD ou ISO sans conversion préalable.
publié le 29 octobre 2026

L'émulateur PSP PPSSPP sait désormais faire tourner des jeux PlayStation. Il ne le fait pas en intégrant un nouvel émulateur PS1 : il exécute POPS, l'émulateur que Sony avait lui-même glissé dans le firmware de la console portable. Mieux, depuis le 23 octobre, les images disque PS1 se lancent directement, sans passer par l'étape de conversion qui était jusqu'ici la règle sur PSP.

L'émulateur de Sony, émulé à son tour

Sur PSP, les jeux PS1, qu'il s'agisse des titres achetés sur le PlayStation Store ou des disques convertis par les joueurs, prennent la forme de fichiers EBOOT.PBP exécutés par POPS. Plutôt que de réinventer la roue, l'équipe de Henrik Rydgard, créateur et principal développeur de PPSSPP, a choisi de reproduire fidèlement l'environnement dans lequel les modules de Sony fonctionnent. Le travail reprend en grande partie une contribution de frangarcj, figure connue de la scène homebrew.

Le chantier a été mené pas à pas. Il s'agit du septième volet d'un vaste travail d'émulation de bas niveau du Media Engine, le second processeur de la PSP, que POPS utilise pour le son. Le gestionnaire de POPS pilote aussi directement le processeur graphique de la console, ce qui a nécessité de reproduire ses registres et ses interruptions. Un second volet corrige l'affichage lorsque la résolution interne dépasse celle d'origine : sans ces réglages, des coutures apparaissaient entre les tuiles au-delà de la résolution native. Les premiers essais, menés notamment avec des versions converties de Crash Bandicoot et de Final Fantasy VI, affichent l'image, le son, les commandes et les sauvegardes. Le menu de POPS, accessible par la touche HOME, et les cartes mémoire virtuelles répondent présent, et les sauvegardes d'état fonctionnent. Les jeux du PlayStation Store sont également pris en charge, la vérification de licence étant contournée à la manière du plugin popcorn des firmwares modifiés.

Fini la conversion préalable

La seconde avancée change la vie des joueurs. Jusqu'ici, faire tourner un jeu PS1 sur PSP imposait de convertir son image disque en EBOOT avec un outil comme popstation. PPSSPP fabrique désormais cet EBOOT à la volée, sans jamais l'écrire sur le disque. Il ne génère que les en-têtes et lit les données directement dans les fichiers de l'image. Le logiciel accepte ainsi les couples BIN/CUE, y compris avec plusieurs fichiers et des pistes audio CD, les formats CloneCD (CCD/IMG) et Alcohol 120% (MDS/MDF), le format compressé CHD et les images ISO. Le navigateur de jeux n'affiche chaque disque qu'une seule fois, et une archive ZIP ou 7z contenant une image peut être installée directement dans la bibliothèque.

Firmware requis et limites

Revers de la méthode : PPSSPP ne fournit pas POPS. Il faut installer les modules d'un firmware PSP 6.60 ou 6.61, que l'émulateur sait extraire d'une mise à jour officielle de Sony. Les jeux multidisques ne sont pas encore pris en charge par ce mode de lancement, certains jeux PAL protégés par LibCrypt peuvent réclamer des correctifs spécifiques, et les performances varient selon l'appareil et le moteur graphique utilisé. Quelques titres exigeants n'ont pas encore été testés, comme Vib-Ribbon, qui génère sa musique à partir des données audio. Pour une émulation PS1 dédiée et plus complète, DuckStation reste la référence, mais l'approche de PPSSPP a l'avantage de restituer le comportement exact de la PSP, au plus près de ce que vivaient ses joueurs.

La fonction n'est pour l'instant disponible que dans les compilations de développement, la dernière version stable, la 1.20.4, datant de mai 2026. Elle devrait arriver avec la version 1.21, qui profitera aussi aux machines portables où PPSSPP est très présent, à l'image de l'Anbernic RG477V, et aux systèmes qui l'intègrent, comme Batocera. Une preuve de plus que la PSP n'a pas fini d'occuper la scène, elle qui accueille encore des portages amateurs comme Balatro. Les plus pressés trouveront les compilations sur le dépôt GitHub du projet, et la documentation technique détaille le fonctionnement de POPS dans PPSSPP.

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