
Introduction : Alors que la PS5 trône encore dans les rayons, son émulation sur PC sort tout juste de l'œuf. En quelques semaines, plusieurs projets — kytyPS5, SharpEmu, prosperity et CraziiEmu — ont montré leurs premiers progrès, des jeux réellement lancés aux simples fondations techniques. Une étape symbolique, mais encore loin de la maturité de l'émulation PS4, portée par shadPS4, capable aujourd'hui de faire tourner des centaines de titres dont un Bloodborne pleinement jouable.
kytyPS5 fait tourner ses premiers jeux 3D
Développé en C++ par Nmzik et s'appuyant sur Vulkan 1.3, l'émulateur open source kytyPS5 a franchi un cap en exécutant de vrais jeux, et non plus de simples menus. XIII en est l'exemple le plus abouti, jouable entre 20 et 30 images par seconde malgré des textures manquantes et un éclairage perfectible ; Teenage Mutant Ninja Turtles: Wrath of the Mutants tourne autour de 22 à 24 fps avec un rendu plus propre, et des titres comme Turok 2: Seeds of Evil ou Marvel Cosmic Invasion apparaissent également jouables. Les grosses exclusivités résistent en revanche encore : Silent Hill: The Short Message ne dépasse pour l'instant pas l'écran de chargement. Le projet, disponible sur GitHub, réclame une carte graphique compatible Vulkan 1.3 et des jeux obtenus légalement, sous Windows principalement.
SharpEmu accélère et atteint Demon's Souls
Écrit en C# par iExplosiveRage, l'émulateur open source SharpEmu progresse à vive allure. Sa version 0.0.3, publiée fin juillet 2026, ajoute un backend SDL3, un sélecteur de résolution, la prise en charge du HDR, le support natif des manettes DualSense et DualShock 4, ainsi qu'un décodeur audio AT9. Il fait déjà tourner un vrai jeu du commerce, Dreaming Sarah, petit titre de plateforme et de réflexion en 2D. Pour le reste, Minecraft: PlayStation 4 Edition atteint son menu principal à 60 fps stables, Grand Theft Auto V se contente d'afficher le sien, et Demon's Souls Remake parvient jusqu'à l'écran de création de personnage avant de planter, une avancée bouclée en une seule semaine. Le code est accessible sur GitHub, mais le projet demeure très précoce.
prosperity vise Linux et Android
Signé Force67 et anciennement connu sous le nom PS4Delta, l'émulateur open source prosperity se distingue par son orientation Linux et Android, une déclinaison Windows étant prévue. Sa nouveauté marquante : des profils de configuration propres à chaque jeu, enregistrés automatiquement selon le titre lancé. Techniquement, il exécute le code CPU nativement sur x86-64, recourt à FEX sur ARM, recompile le rendu en SPIR-V via Vulkan et s'appuie sur SDL3 pour l'affichage. Plusieurs titres tournent déjà : Dead Cells en jeu, Undertale et The Binding of Isaac sur Android, ou encore The Elder Scrolls V: Skyrim, qui démarre malgré des soucis graphiques. De quoi étendre l'émulation PlayStation au-delà du PC de bureau.
CraziiEmu bâtit sur les bases de SharpEmu
Le plus jeune de la bande, l'émulateur open source CraziiEmu, développé par Crazii_pirate07 pour Windows 64 bits, construit encore ses fondations, et le fait à partir du code de SharpEmu. Sa version 0.30 alpha, publiée le 3 août 2026, mise avant tout sur la technique. Écrit en C# avec .NET 10, l'émulateur repose sur un moteur d'exécution CPU à double mode — exécution native x86-64 à pleine vitesse, ou interprétation précise pour le débogage —, un rendu graphique Vulkan, une gestion de la mémoire virtuelle jusqu'à 64 Go et une interface Avalonia dotée d'un carrousel de jaquettes. Cette mise à jour implémente plus de vingt NID manquants, verrouille l'affichage à 60 fps, prend en charge les formats ELF et SELF, ajoute un double support Gen4/Gen5 et corrige plusieurs décalages mémoire. Côté jeux, le démarrage d'Among Us a été démontré. Le code est disponible sur GitHub.
Ces avancées ne réjouissent pas tout le monde. Sony voit d'un mauvais œil l'émulation de ses machines, multipliant mises en demeure et actions en justice dès qu'un projet s'approche de trop près de ses consoles. L'émulation reste légale en soi, mais copier les jeux ou extraire les fichiers internes de la console l'est beaucoup moins. Surtout, l'argument des exclusivités, au cœur de la stratégie PlayStation, vacille le jour où ces titres tournent sur PC. Entre l'écran de chargement et un jeu réellement jouable, il reste toutefois tout un monde à parcourir.
Sources : Emu-France
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