
L'émulation Amiga dans le navigateur a dépassé le stade de la démonstration technique. La documentation de vAmigaWeb fait le point sur un projet qui couvre aujourd'hui l'essentiel du parc historique, disques durs et machines AGA compris, sans rien installer d'autre qu'une page web. Développé par mithrendal, le logiciel est un portage du vAmiga conçu pour macOS par Dirk Hoffmann.
De l'A500 à l'A1200
Le périmètre s'est nettement élargi depuis la version 4.2.1 et sa prise en charge des archives ZIP. L'émulateur gère désormais les chipsets OCS et ECS mais aussi l'AGA, ce qui ouvre la porte à l'Amiga 1200 et à sa génération de logiciels. Côté processeur, les 68000, 68010 et 68020 sont pris en charge, avec un surcadençage possible jusqu'à 100 MHz pour les logiciels gourmands, et à l'inverse un mode ralenti sous les 100 % de la vitesse nominale. La bascule entre normes PAL et NTSC s'effectue en cours d'exécution.
Faute de Kickstart, deux solutions libres sont proposées : EmuTOS et la ROM AROS dans sa révision de février 2025. Les formats acceptés couvrent l'ADF classique et étendu, sa variante compressée ADZ, les images de disque dur HDF et HDZ, ainsi que les disquettes ST associées à EmuTOS. Une archive ZIP peut être extraite directement vers un disque dur virtuel, et l'émulateur autorise l'import d'un dossier de la machine hôte comme l'export d'un disque dur Amiga vers un dossier local.
Des espaces de travail transférables vers le bureau
La gestion des sauvegardes constitue l'apport le plus notable. Aux instantanés compressés en LZ4 s'ajoutent des workspaces, conteneurs regroupant disquettes, disques durs, configuration et archives d'une même session. Ces espaces circulent dans les deux sens avec la version macOS de vAmiga : une partie entamée sur navigateur se poursuit sur l'application de bureau, et réciproquement. Le stockage est déclaré persistant, donc protégé contre l'éviction automatique que les navigateurs appliquent aux données peu consultées, un point critique pour qui conserve plusieurs gigaoctets de disques durs virtuels.
Les outils de diagnostic dépassent eux aussi ce qu'on attend d'un émulateur en ligne. RetroShell fournit une console intégrée pour le débogage et la configuration, tandis qu'une visionneuse mémoire affiche les accès en temps réel, lectures en vert et écritures en rouge. Les fonctions run-ahead et vSync s'attaquent quant à elles à la latence d'entrée, talon d'Achille traditionnel de l'émulation exécutée dans un onglet, comme le rappelait le dossier consacré à WebAssembly.
Un émulateur pensé pour le tactile
La documentation ne cache pas sa cible principale : l'iPhone et l'iPad, où l'installation en application web progressive permet un fonctionnement hors ligne une fois la page enregistrée. L'interface s'adapte aux encoches et à la Dynamic Island, respecte les zones de sécurité et masque la barre d'état sur Android. Un clavier virtuel décliné en variantes ANSI et internationale accompagne un joystick tactile configurable jusqu'à la zone morte, et les manettes Xbox comme les périphériques Bluetooth sont reconnus. La souris se pilote au doigt, à l'Apple Pencil ou avec un périphérique physique, une disposition pour gauchers étant prévue.
Le projet réclame Chrome 95, Firefox 100 ou Safari 15.2 au minimum, une version héritée restant accessible aux navigateurs plus anciens. Le code est publié sur GitHub, et un projet frère, vc64web, applique la même approche au Commodore 64 avec une passerelle vers la base de données de la demoscene csdb.dk. De quoi compléter, sur mobile, ce que WinUAE assure depuis longtemps sur Windows.
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