JagOS : l'Atari Jaguar devient l'ordinateur Atari Painter qu'il aurait dû être

/ Clint "Thompson" développe JagOS, un système d'exploitation qui transforme l'Atari Jaguar en micro-ordinateur inspiré de l'Atari Painter, projet abandonné par Atari en 1992-1993.
publié le 25 septembre 2026

L'Atari Jaguar n'a jamais été qu'une console, mais Clint "Thompson" vient de lui donner un bureau. Collectionneur bien connu de la scène Atari, il a développé JagOS, un système d'exploitation qui transforme la dernière console d'Atari en micro-ordinateur. Le projet imagine ce qu'aurait pu être l'Atari Painter, un ordinateur basé sur l'architecture de la Jaguar, esquissé au début des années 90 puis abandonné.

Un bureau pour la Jaguar

JagOS reprend les codes des interfaces graphiques de l'époque : un bureau classique, une calculatrice, un calendrier et quelques jeux simples. Plus surprenant, le système propose une prise en charge rudimentaire du courrier électronique et des canaux IRC, deux usages que la Jaguar n'a jamais connus de son vivant. Clint a codé son système à l'aide de la Jaguar GameDrive de RetroHQ, une cartouche qui regroupe le catalogue de la console ainsi que des outils de développement homebrew. Il présente son travail dans un sujet ouvert sur les forums d'AtariAge.

Le développeur n'en est pas à son premier coup d'éclat. En avril 2018, il avait déjà mis en ligne sur AtariAge l'image ROM d'une version jouable précoce de Zzyorxx II. Il avait aussi obtenu les droits de publier un prototype jouable de Black ICEWhite Noise, deux jeux restés inédits. Avec JagOS, la démarche change de nature : il ne s'agit plus de sauver un prototype existant, mais de donner corps à une machine dont il ne reste que des plans.

L'Atari Painter, l'ordinateur resté dans les cartons

L'histoire de l'Atari Painter commence en août 1992, lorsque l'équipe de recherche et développement dirigée par Richard Miller en esquisse les premiers plans, avec le concours de l'ancien groupe chargé du TOS, le système des ordinateurs de la marque. L'idée consistait à réutiliser la technologie de la Jaguar pour bâtir un ordinateur familial doté d'un processeur RISC. Il aurait été équipé d'un lecteur CD capable d'accueillir les jeux de la console, d'un traitement du son pensé pour les musiciens et d'applications préinstallées. La machine devait succéder aux gammes ST et Falcon, lancées respectivement en 1985 et en 1992, et relancer Atari sur le marché informatique tout en rentabilisant les investissements consentis pour la Jaguar.

En 1993, Sam Tramiel évoque publiquement la possibilité de faire de la Jaguar la base de nouveaux ordinateurs. Le projet ne dépassera pourtant jamais le stade du papier. Le site Atari Explorer le juge sévèrement : « mal conçu dès le départ », il « n'allait nulle part », en raison des changements internes et de la concentration de l'entreprise sur sa console. L'équipe se consacre alors entièrement à la Jaguar, avec le destin que retrace l'anatomie d'un crash annoncé racontée par Nicolas Caron. Aucun prototype fonctionnel n'est connu à ce jour ; seuls six documents de spécifications internes ont refait surface.

Le concept n'avait rien d'isolé. Au même moment, Commodore misait sur le CDTV pour marier micro-ordinateur, lecteur CD et salon familial, sans plus de succès.

Une sortie encore en suspens

JagOS n'est pas encore disponible. Clint Thompson explique manquer de temps libre pour achever les derniers réglages et préparer une annonce en bonne et due forme. Le projet rejoint une scène Atari particulièrement active, qui offre régulièrement une seconde vie aux machines de la marque, à l'image de l'Atari ST, qui tient enfin son Flashback façon homebrew. Pour la Jaguar, souvent réduite à son échec commercial, JagOS offre une autre lecture : celle d'une architecture qui aurait pu faire bien plus que du jeu.

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Sources :Atari Explorer

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