
L'émulation Nintendo DS sur Android vient de connaître un double mouvement. melonDualDS a été rebaptisé WatermelonDS à l'occasion de sa version 0.7.0, publiée ce week-end, et le projet s'accompagne désormais d'un second logiciel destiné aux machines les moins véloces, SeedlessDS. Les deux sont l'œuvre du développeur Sapphire Rhodonite, dont le travail est soutenu via Patreon.
Un troisième nom en deux mois
Le projet n'en est pas à son premier changement d'identité : une première renomination était intervenue en juin, à l'occasion de la version 0.0.1. WatermelonDS repose sur melonDS, l'émulateur libre de référence pour la console de Nintendo, et plus précisément sur le portage Android réalisé par rafaelvcaetano. La mise à jour ne se limite pas à l'étiquette : l'interface a été redessinée, avec une présentation plus soignée de la bibliothèque de ROM et des RetroAchievements, ces succès communautaires greffés sur les jeux d'époque.
Côté technique, la version 0.7.0 introduit des rendus Vulkan encore qualifiés d'expérimentaux, dont un mode dit FastPath, ainsi que l'intégration de RetroArch. S'y ajoutent les sauvegardes d'état accompagnées de captures d'écran, le remappage personnalisé des manettes et la prise en charge des codes de triche. L'ensemble reste pensé pour un usage à la manette plutôt qu'au tactile, choix cohérent avec le matériel visé.

Seedless, le cœur DraStic pour machines modestes
C'est la seconde annonce qui retient l'attention. SeedlessDS, publié en version 1.0.0-beta1, n'est pas une déclinaison de WatermelonDS mais un logiciel distinct, bâti sur le cœur d'émulation DraStic en révision r2.6.0.4a, réputé pour sa frugalité. Son interface a été entièrement reconstruite en Kotlin avec Jetpack Compose. Le dépôt du projet expose sa raison d'être sans détour : le programme « existe pour offrir une option plus légère aux consoles portables peu puissantes d'aujourd'hui ». Une version Linux est annoncée pour plus tard.
Les deux logiciels partagent le même public cible, celui des portables Android à double écran équipés de commandes physiques, un segment qui n'existait pratiquement pas il y a deux ans. La machine la plus concernée est sans doute la RG DS d'Anbernic, vendue sous les 100 dollars, avec ses deux écrans de 4 pouces en 640 x 480, son Rockchip RK3568 cadencé à 2 GHz et ses 3 Go de mémoire vive. Une configuration qui suffit à la Nintendo DS mais laisse peu de marge dès que l'émulateur ajoute des couches de traitement graphique.
Deux logiciels pour un même segment
La séparation en deux projets répond donc à un problème concret : les fonctions ajoutées à WatermelonDS, à commencer par les rendus Vulkan, réclament une puissance dont les modèles d'entrée de gamme ne disposent pas. Plutôt que de multiplier les options de dégradation dans un logiciel unique, le développeur maintient deux bases distinctes, chacune adossée à un cœur d'émulation différent. La démarche rappelle celle observée sur le reste du catalogue d'Anbernic, où chaque modèle vise un palier d'émulation précis plutôt qu'une compatibilité universelle.
Les deux programmes sont distribués depuis leurs dépôts GitHub respectifs. Reste à voir si le portage Linux de SeedlessDS se concrétisera, ce qui ouvrirait la voie aux distributions communautaires qui équipent une bonne partie de ces machines.
Sources : Retro Dodo
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