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Ukiyo-e Heroes - Jeu de miroirs

La série d'estampes intitulée Ukiyo-e Heroes de Jed Henry et David Bull propose des scènes et personnages cultes de jeux vidéo transposés dans la période Edo. Un parfait jeu de miroirs entre modernité et tradition.

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Ukiyo-e Heroes - Jeu de miroirs

Malgré leurs succès planétaires, de nombreux Occidentaux se demandent encore d'où peuvent bien sortir les personnages de mangas et de jeux-vidéo japonais. Même les plus adeptes n'ont pas toujours consciences qu'ils puisent dans les mythes et traditions des cultures asiatiques : l'auteur de Dragon-Ball, Akira Toriyama,  a repris le récit chinois « La Pérégrination vers l'ouest » datant du XVIème siècle ; le renard de Star-Fox est une vision moderne du Kitsune qu'on trouve dans les sanctuaires japonais. On se tromperait en pensant que modernité et tradition s'opposent au japon. Il y a bien plus de filiations entre les deux qu'on ne le pense (1).  


Kitsunes dans la forêt du sanctuaire Fushimi Inari-taisha à Kyoto

Un des plus beaux exemples de ce jeu de miroirs entre modernité et tradition dans les cultures populaires japonaises est la série d'estampes intitulée Ukiyo-e Heroes. Elle a été imaginée par Jed Henry (designer) et imprimée de façon traditionnelle par David Bull dont c'est le métier.

En prenant des scènes et personnages cultes de jeux vidéo qu'ils replacent dans la période Edo, ils nous proposent de faire le chemin inverse en alimentant à leur tour l'imaginaire pictural de l'estampe Ukiyo-e (2) sans que cela ne soit anachronique, bien au contraire. Et on peut se démander si le jeu-vidéo (une partie en tout cas) ne ne serait pas une forme moderne d'ukiyo-e, ces image du monde flottant.
C'est d'ailleurs en voyant l'estampe reprenant Mario Kart (voir ci-dessous), que David s'est laissé convaincre pour se lancer dans le projet alors qu'il n'avait aucune culture vidéoludique.

L'impression est réalisée de façon traditionnelle à la main par xylographie. David Bull utilise un bois de cerisier pour graver ses "clichés". Le papier est un papier traditionnel fait main comme on le faisait il y a 200 ans. Il s'agit du Echizen Hosho Washi
Ces estampes peuvent nécessiter jusqu'à une quinzaine de passages pour obtenir l'ensemble des couleurs.

1) En 2010, L'exposition «De Kyoto à Tokyo : des samouraïs aux mangas» qui avait eu lieu à Monaco,  avait été pour cela très éclairante.
2) Ukiyo-e signifie « image du monde flottant ». C'est un mouvement artistique japonais de l'époque d'Edo(1603-1868). Les estampes en sont l'experssion la plus connue. Pour en savoir plus lire l'entretien avec Hélène Bayou dans "artabsolument".

 

 

 

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