Sega Saturn - 20 ans que c'est dur

S'intéresser au retrogaming revient-il à compter les années qui passent comme des moutons ? C'est sans doute un peu le cas. En revanche, les anniversaires des consoles de jadis qui se succèdent sont comme une cure de jouvence. Ils nous permettent de revivre ces moments bénis où nous apprenions l'arrivée d'un nouvelle console. Il y a 20 ans arrivait la Sega Saturn, une console qui colle parfaitement à cette idée...

Saturne (Cronos en grec) est un dieu de la mythologie romaine qui préside la période qui précède le solstice d'hiver. Pendant le reste de l'année, c'est un dieu en sommeil, dont la statue est liée par des bandelettes et qu'on ne le libère qu'au moment des Saturnales. En ce 22 novembre 2014, libèrons le Dieu du temps et fêtons aujourd'hui le vingtième anniversaire de la Sega Saturn qui succèda à la Megadrive.

La sixième planète du système Sega

Grise ou blanche lorsqu'elle arriva au Japon en 1994, les performances 2D de la console créèrent un engouement qui en fit un des très grand succès de Sega sur ses terres. Axée arcade et proposant des conversions prestigieuses, la "Giga Drive" est alors vendue à 500 000 exemplaires à Noël.

En revanche, lorsqu'en 1995 elle pointa le bout de son nez noir en Europe et en Amérique, il était déjà trop tard, la Playstation était là. Son Virtua Fighter n'y fit rien, les performances 3D de la Saturn faisaient alors peine à voir et souffrait de la comparaison avec le fer de lance de Sony... 

son kit de développement qui hérissa bien des poils de développeurs...

Son architecture (deux processeurs centraux fonctionnant en parallèle) la rendait très difficile à développer, au point qu'elle fut rapidement boudée par les éditeurs. De plus, son prix beaucoup plus élevé que sa concurrente ne lui permit pas de s'installer durablement dans les chaumières.

Tout cela ne l'empêcha pas de compter de très nombreux titres à son catalogue qui renferme de véritables bijoux : Daytona USA, la série des Virtua Fighter,  la série des Panzer Dragoon,  Thunder Force 5,  Radiant Silvergun,  Sega Rally,  King of Fighters '95 et ses suites pour ne citer qu'eux... (voir le top dans la vidéo)

Achevée par l'arrivée de la Nintendo 64 en 1996, son sort était scellé. En 1998 chez nous et en 2000 au Japon, la production s'arrêta, après qu'au total 11 millions de consoles furent vendues. Ironie de l'histoire, son prix chuta au point d'atteindre parfois une centaine de francs (des affaires qu'on regrette aujourd'hui d'avoir loupées à l'époque !!!)

Et maintenant ?

20 ans après, la console vivote et fait parler d'elle au détour d'événements divers et variés : la Sega Pluto, variante 2.0 de la Saturn fut découverte dans une brocante, le Gorafi publia un article très drôle intitulé "La console Saturn de Sega enfin rentable"...

Et puis il y a les fans. Bien moins étendue que celle de la Megadrive ou la Dreamcast, la communauté de passionnés de la console s'échinent à honorer sa mémoire, en créant par exemple Saroo un lecteur SD pour lire des Roms de jeux directement sur la console.

En revanche, du coté du Homebrew, c'est le désert, la console restant encore et toujours, trop difficile à apprivoiser pour les amateurs. Même problème du coté de l'émulation, les programmes émulant la console bouffent littéralement la mémoire vive de votre ordinateur à chaque lancement d'ISO !

Cela n'empêche pas les amoureux de Sega de chérir cette console qui jouit de l'estime (à mon sens légitime) des retrogamers de tout poil. Respectable et prometteuse, elle fut la victime de la fâcheuse tendance de Sega à transformer l'or en plomb et de Sony dont les Playstation massacrèrent la Saturn et la Dreamcast.

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