Hommage aux héros de seconde zone - Puggsy

Rendons un hommage à tous ces personnages de jeu vidéo délaissés sur le bord de l’autoroute du succès. Les héros de ces jeux que même en lot on n’ose prendre en vide grenier. Ces jeux aux boîtiers rayés, amochés, cassés, maltraités aux tâches de graisses diverses. Ceux qui calent un meuble à la maison.

Même si cela me coûte de le dire, Puggsy fait bien partie de ces jeux...aussitôt sorti, aussitôt délaissé. Votre narrateur se l’était même procuré à l’époque pour une centaine de francs (autant dire une broutille dans les années 1990). Et pourtant, si sa valeur n’a d’égale que la laideur de son personnage principal, une chose est sûre. Puggsy n’est pas resté dans les mémoires.

Le héros extra-terrestre patatoïde orange ne pouvait bien entendu pas compter sur sa plastique pour plaire à la jeune génération d’alors. Ni aux plus anciens avouons-le. Et pourtant le studio responsable de sa production sévit encore aujourd’hui avec des millions-seller. En effet, Traveler’s Tale est maintenant en charge de la plupart des jeux à licence LEGO. Mais il y a bien un début à tout, et Puggsy est là pour le confirmer.

Petit tour par la case histoire pour mieux comprendre les tenants et aboutissants d’un tel titre. Puggsy, extraterrestre s’il en est, voyage dans l’espace comme si de rien n’était. Lorsque tout à coup (scénario super original) son vaisseau frappe une planète. Reste donc à la créature de retrouver les parties éparses de son vaisseau et de le réparer pour revenir sur sa planète. Tel un Robinson interstellaire, Puggsy commence son aventure sur une plage ensoleillée et doit faire face à de vils ratons-laveurs qui lui en veulent - on ne sait trop pour quelle raison obscure.

Et comme vous l’aurez remarqué, la meilleure arme de notre protagoniste, n’est pas son esthétique, mais plutôt sons sens de la déduction qui sera mise ici à rude épreuve. Car sous ses airs de jeu de plate-forme, Puggsy emprunte plutôt les codes du jeu d’enfermement. Ce qu’on appelle aujourd’hui avec aisance « Escape Game ». Chaque niveau est en effet un lieu duquel il faudra sortir...

Pour cela Puggsy ne peut que porter des choses, c’est en effet la seule façon qu'il a d'interragir avec son environnement, si l'on excepte son saut pataud. Puggsy peut toutefois porter plusieurs blocs à la fois et les transporter aussi, en prenant garde à la physique. Elle est ici gérée de manière particulière, mais nous sommes en 1993... Il est possible d’empiler des tonneaux afin de se constituer un escalier, de jeter des balles pour activer un mécanisme par exemple. Certains objets permettent une action, comme les revolver tromblons, qui peuvent décocher des balles et ainsi défaire certains ennemis.

Puggsy pourra aussi devenir « cool » comme dirait Arthur Fonzarelli. Il peut en effet trouver des boîtes où se cachent des lunettes de soleil capable de donner une chance supplémentaire à notre héros. Ou encore les blanches basket (très en vogue dans ces années-là) afin de rendre Puggsy plus véloce et accélérer quelque peu le rythme.

Que ce soit au niveau de la musique ou des décors, le seul vrai truc moche dans Puggsy est en réalité le héros, et la jaquette, admettons-le. Dès le début du jeu on assiste à une scène cinématique du plus bel effet qui n’a pas à envier les productions CD-ROM. Les niveaux sont variés et souvent astucieux, petit bémol tout de même car il n’y a pas de système de sauvegarde, qui pourtant aurait été bien pratique ici. 

Les boss sont impressionnants et il faut une fois de plus se servir de sa tête pour triompher. Le jeu est aussi disponible sur Mega-CD afin de profiter d’une bande son de meilleure qualité, qui pourtant est déjà très honorable sur cartouche.

Puggsy ne fait pas partie des productions mythiques ou culte, c’est certain. Mais il reste un jeu très sympathique bien que vite oublié. A l'époque,  il avait à faire face à Shinobi III, Rocket Knight Adventures, Chuck Rock, Bubsy, Taz-Mania lors de sa sortie et ce, sur la même machine. On se souviendra beaucoup plus des jeux précédemment cités que de Puggsy. Le but n’est pas ici de le réhabiliter, mais plutôt de le faire découvrir et pourquoi pas vous le faire apprécier.

Anecdote en vrac :

  • Le nom Puggsy vient en fait de la démo du jeu créée à l’époque et appelée « Puggs in Space »

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