
Après des années d'attente, la communauté des fans de The Legend of Zelda: Twilight Princess voit enfin émerger ce que la décompilation complète du jeu laissait espérer : des portages PC natifs. Deux projets distincts, Courage Reborn et Dusk, se sont dévoilés coup sur coup ces derniers jours, ouvrant la voie à une exécution sans émulateur de l'un des épisodes les plus appréciés de la saga Nintendo. Les deux équipes choisissent une approche juridiquement prudente qui rappelle celle de leurs illustres prédécesseurs.
Deux chantiers, deux philosophies
Courage Reborn a ouvert le bal la semaine dernière avec une première vidéo de démonstration. Le projet, encore jeune, tourne déjà à 60 images par seconde — un argument de poids sur PC — mais cette fluidité a un coût : la logique du jeu « se retrouve effectivement doublée » lorsqu'il tourne à 60 FPS, un problème hérité des pratiques d'émulation où les temporisations internes sont calées sur les 30 FPS d'origine de la Wii et de la GameCube. L'équipe devra retravailler cette couche avant d'atteindre un résultat stable.
Dusk, dévoilé le 12 avril par un premier trailer, adopte une approche plus prudente. Les images diffusées tournent à 30 FPS pour éviter les écueils de Courage Reborn, mais les développeurs promettent une prise en charge déverrouillée du framerate dans la version finale. Le trailer met en avant une cinématique d'introduction, sans démonstration à 60 ou 120 FPS à ce stade. Les prompts à l'écran restent orientés manette, et le statut du support natif clavier-souris n'est pas encore précisé. Dusk paraît mieux structuré dans sa planification technique, tandis que Courage Reborn a misé sur une visibilité plus précoce malgré ses limites actuelles.
La leçon du Ship of Harkinian
Les deux équipes partagent un point crucial : elles excluent soigneusement tous les assets du jeu de leurs dépôts — graphismes, sons, code assembleur propriétaire. Le code produit est donc défendable face à une éventuelle action juridique de Nintendo, qui ne manquera probablement pas de suivre l'évolution des projets avec attention. Il faudra, comme pour d'autres portages similaires, posséder une copie légale du jeu original pour compiler et faire fonctionner ces versions natives.
Cette approche juridique s'inspire directement de celle adoptée par le célèbre Ship of Harkinian, le portage PC d'Ocarina of Time, qui avait émergé quelques mois après la décompilation complète du jeu. Elle a depuis été reprise par plusieurs projets fans, dont Zelda 64 Recompiled pour Majora's Mask ou la rétro-ingénierie de A Link to the Past. Twilight Princess entre donc dans le cercle très fermé des Zelda bénéficiant d'une exécution PC sans émulateur.
Un épisode au destin technique particulier
Sorti d'abord sur GameCube en 2006 puis porté sur Wii en version miroir pour adapter les commandes gestuelles, Twilight Princess reste l'un des Zelda les plus riches techniquement — et les plus complexes à décompiler. La décompilation complète du jeu, aboutie après cinq ans de travail par le collectif Zelda Reverse Engineering Team, a ouvert la voie aux portages natifs en permettant aux développeurs de repartir d'un code C propre plutôt que d'un binaire PowerPC original.
Les avantages attendus de ces portages PC sont nombreux : résolutions élevées jusqu'en 4K, framerate déverrouillé, support natif du clavier et de la souris, meilleure compatibilité avec les manettes modernes, et potentielles améliorations visuelles via des mods. Reste à voir lequel des deux projets arrivera le premier à une version jouable complète, et comment Nintendo réagira à cette concurrence non autorisée à sa propre stratégie de réédition — Twilight Princess HD étant disponible sur Wii U depuis 2016 et régulièrement évoqué dans la liste des portages attendus sur Switch.
Sources : DSOGaming
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