PLAION prépare-t-il une Neo Geo AES+ ? Un indice oublié chez l'ESRB relance les spéculations

Une fiche ESRB fantôme pour Samurai Shodown V Special mentionne une plateforme « Neo Geo AES+ » signée PLAION. De quoi relancer les rumeurs.
publié le 13 avril 2026

Les amateurs de retrogaming qui guettent le moindre indice sur la prochaine renaissance hardware d'un classique des années 1990 ont eu de quoi s'agiter le 11 avril 2026. Une classification apparue — puis rapidement retirée — sur le site de l'ESRB mentionnait en effet le titre Samurai Shodown V Special destiné à une plateforme inédite baptisée « Neo Geo AES+ », avec PLAION comme éditeur. Aucune annonce officielle n'a suivi, mais la nomenclature employée suffit à relancer toutes les spéculations sur un retour du mythique hardware SNK.

Une fiche effacée aux airs de confirmation

Pour les observateurs, le nom de code est loin d'être anodin. PLAION, spécialisée dans la réédition modernisée de systèmes rétro, utilise systématiquement le suffixe « + » pour désigner ses produits : Atari 2600+, Atari 7800+, The C64 Mini ou encore The Spectrum figurent déjà à son catalogue. La classification retirée de l'ESRB suit donc une logique de nommage cohérente avec la gamme existante de l'éditeur, ce qui alimente l'hypothèse d'une Neo Geo AES+ en préparation. Comme le souligne Time Extension, « PLAION pourrait-il travailler sur un nouveau système AES utilisant l'émulation et une connectique AV moderne tout en permettant d'insérer les cartouches AES existantes ? » La question reste sans réponse, mais l'angle est plausible au vu des précédents commerciaux de la firme.

La classification d'un titre SNK aussi emblématique que Samurai Shodown V Special — épisode sorti en 2004 sur Neo Geo MVS et AES — conforte l'hypothèse d'une machine capable de faire tourner le catalogue Neo Geo avec une connectique moderne, HDMI en tête. La disparition rapide de la fiche ESRB suggère qu'elle a été mise en ligne par erreur, avant une annonce officielle encore à venir.

Un Graal toujours hors de prix

Sortie en 1990, l'AES (Advanced Entertainment System) constituait la déclinaison domestique de la borne arcade MVS. À l'époque, SNK avait fait le choix d'un positionnement haut de gamme avec un tarif avoisinant les 650 dollars — soit environ 1 500 dollars actuels une fois l'inflation prise en compte. Les cartouches, elles-mêmes vendues entre 200 et 300 dollars, ont fait de la console un objet de luxe réservé à une frange très restreinte de joueurs. Aujourd'hui, les cartouches originales atteignent plusieurs milliers d'euros sur le marché de la collection, et une AES en bon état dépasse facilement le millier d'euros.

Face à cette raréfaction, plusieurs tentatives de relance ont vu le jour au fil des années. La Neo Geo X, commercialisée en 2012 par Tommo sous licence SNK, avait fini dans un conflit commercial retentissant entre les deux entreprises. La Neo Geo Mini, annoncée en 2018 pour le 40e anniversaire de SNK, avait connu un accueil mitigé — son format compact avait refroidi une partie des amateurs. Le Neo Geo Arcade Stick Pro de 2019, plus ciblé, est resté confidentiel. Et en 2020, SNK annonçait travailler sur de nouveaux hardwares Neo Geo, sans qu'aucun produit concret n'en soit sorti.

Ce qu'on peut attendre d'une AES+

Si l'hypothèse se confirme, l'expérience accumulée par PLAION sur ses précédentes machines laisse entrevoir une recette relativement balisée : émulation interne permettant de faire tourner une sélection de titres préinstallés, sortie HDMI, manettes rétrocompatibles, et — argument fort sur les autres modèles « + » — la possibilité d'insérer les cartouches d'origine. C'est précisément cette compatibilité avec le hardware historique qui distingue la démarche de PLAION de celle des Neo Geo Mini passées, et qui ferait de l'AES+ un produit particulièrement intéressant pour les collectionneurs disposant déjà de cartouches originales mais ne souhaitant plus exposer leur matériel vintage.

Reste une inconnue de taille : la participation de SNK elle-même. L'éditeur japonais, désormais sous contrôle du fonds saoudien MiSK, n'a fait aucun commentaire à ce jour. Sans accord de licence — qui n'est pour l'instant ni confirmé ni démenti —, toute commercialisation officielle d'une machine exploitant la marque Neo Geo serait juridiquement impossible. La fiche ESRB n'aurait d'ailleurs probablement pas pu apparaître sans un cadre contractuel minimal entre les deux parties. Il faudra donc attendre une communication officielle, très certainement à l'occasion d'un prochain salon vidéoludique, pour savoir si cette rumeur se transforme en produit concret. En attendant, la classification effacée suffit à entretenir la flamme d'une communauté qui n'a jamais cessé d'espérer le retour de l'une des consoles les plus mythiques de l'histoire du jeu vidéo.

Sources : Time Extension, Recalbox

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