La N64 passe sous Windows : le mariage improbable de Microsoft et Nintendo

Un développeur a réussi à faire tourner Windows CE 2.11 sur Nintendo 64 en exploitant le processeur MIPS commun aux deux architectures, avec interface graphique fonctionnelle.
publié le 21 mai 2026 mis à jour le 22 mai 2026

Windows CE tourne sur Nintendo 64 : un exploit aussi absurde que fonctionnel

Faire tourner des jeux Nintendo 64 sur PC via un émulateur, c'est banal. L'inverse — lancer Windows sur une N64 — relevait jusqu'ici de la plaisanterie. C'est pourtant ce qu'a réalisé le développeur Throaty Mumbo, qui a compilé et exécuté Windows CE 2.11 sur la console de Nintendo, interface graphique comprise. Le projet, documenté sur GitHub, est fonctionnel et reproductible.

Un processeur MIPS, deux machines

L'idée est née d'un rapprochement inattendu. En bidouillant un IBM WorkPad Z50, un PDA des années 1990 tournant sous Windows CE, Throaty Mumbo a constaté que son processeur appartenait à la famille MIPS 4000 — la même architecture que celle de la Nintendo 64. Or, Windows CE a été conçu dès l'origine par Microsoft comme un système embarqué modulaire, compilable pour différentes cibles matérielles. Il suffisait en théorie de créer les fichiers de configuration spécifiques à la carte mère de la N64 et de compiler le tout avec le SDK officiel.

En pratique, le développeur a utilisé le Windows CE 2.11 Platform Builder SDK, récupéré sur Archive.org, pour générer une image système adaptée au matériel de la console. La N64 embarque 4 Mo de RAM (8 Mo avec l'Expansion Pak), ce qui dépasse largement le mégaoctet minimum requis par Windows CE. Le système démarre et affiche son interface graphique en résolution d'environ 320 x 200 pixels.

Un bureau Windows sur un téléviseur cathodique

Le résultat est "fonctionnel" et, selon les retours, étonnamment fluide. L'interface graphique de Windows CE s'affiche sur l'écran de la N64, avec ses fenêtres, son menu Démarrer et sa barre des tâches. En chargeant des applications sur une carte SD via un EverDrive (un flashcart permettant de lancer des ROMs et des homebrews depuis un support amovible), il est possible d'exécuter des programmes au sein de l'environnement Windows.

Les limitations restent celles du matériel : la faible quantité de RAM, la résolution réduite et l'absence de périphériques de pointage natifs cantonnent l'exercice au domaine de la démonstration technique. Mais l'exploit illustre la polyvalence du processeur MIPS VR4300 de la N64 et la modularité de Windows CE, qui a équipé aussi bien des assistants personnels que la Dreamcast de Sega — où il servait de couche logicielle pour une partie du catalogue de jeux.

La N64 continue de se prêter aux expérimentations les plus diverses. Le portage de Tomb Raider via la bibliothèque Libdragon et la recompilation de Banjo-Kazooie pour PC avaient déjà démontré que la communauté autour de la console n'avait pas fini de repousser ses limites — dans un sens comme dans l'autre. Le code source complet du projet est disponible sur GitHub pour qui souhaite reproduire l'expérience.

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Sources : Retro Dodo, Hackaday, GitHub

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