
L'infatigable Olipix, connu pour ses tests approfondis de machines rétro, consacre une nouvelle vidéo aux premières consoles de salon de Sega : la SG-1000 lancée le 15 juillet 1983 — le même jour que la Famicom de Nintendo — et sa révision, la SG-1000 II, sortie un an plus tard. L'exercice complète un précédent volet consacré aux Mark III et Master System, et prépare le terrain pour un épisode centré sur le clavier optionnel SK-1100 et l'ordinateur SC-3000.
Deux machines, une architecture identique
À l'ouverture, les deux boîtiers révèlent la même recette technique. Le processeur central est un NEC D780C sur la SG-1000 et un Sharp sur la SG-1000 II, deux clones du Zilog Z80A cadencés à 3,58 MHz. La puce graphique est la fameuse TMS9918 de Texas Instruments, capable d'un mode texte et d'un mode graphique 256x192 pixels avec quinze couleurs, trente-deux sprites simultanés dont quatre par ligne, et un dispositif de magnify apparent lors des explosions de Zaxxon. Le son est confié à la SN76489AN de Texas Instruments, trois voies plus un canal de bruit — la même combinaison que sur le TI-99/4A, la ColecoVision ou les MSX de première génération. La RAM se limite à 1 Ko, la VRAM à 16 Ko, une partition typique de l'époque.
La SG-1000 souffre d'un défaut structurel bien documenté : le port cartouche, maintenu à la carte mère par ses seuls points de soudure, finit par lâcher après des années d'insertions. L'exemplaire testé par Olipix présente justement cette panne, soudures déjà reprises sans succès. Sega a corrigé le tir sur la SG-1000 II en vissant le connecteur à la platine. Le constructeur en a profité pour adopter des manettes détachables, ouvertement copiées sur la Famicom — un pad rond à deux boutons, logeable sur les flancs du boîtier —, tandis que la version initiale imposait un joystick relié à demeure.
L'écosystème : cartes, clavier et périphériques
Autour des deux consoles, le catalogue d'accessoires reste copieux : le joystick arcade SJ-300 pensé pour les jeux de course, le volant SH-400, les pads SJ-150 et SJ-152 aux ergonomies sensiblement différentes, mais surtout le Card Catcher, adaptateur qui permet d'insérer des jeux au format Sega My Card. Ce lecteur sera ensuite intégré directement dans la Mark III puis la Master System, ces dernières conservant la rétrocompatibilité avec les cartes SG-1000. La vidéo passe en revue Pac-Car, successeur maison de Head On, Zaxxon dans sa conversion de 1985, H.E.R.O. d'Activision porté sur carte en 1984, et Zippy Race, jeu de course d'Irem alternant vue de dessus et séquences en 3D arrivant sur les grandes villes américaines.
Le clavier SK-1100, vendu 13 800 yens en 1984 contre 15 000 yens pour la console, transforme la SG-1000 II en équivalent de l'ordinateur SC-3000. La cartouche BASIC requise pour l'usage — au choix la Level IIB (32 Ko ROM, 2 Ko RAM utilisateur) ou la plus rare SK-III (32 Ko RAM) — est signée Mittech et affiche à l'allumage un message "Sega SC-3000 BASIC Level 2 version 1 copyright 1983". La documentation d'époque présentait l'ensemble comme un outil éducatif officiellement aligné sur les programmes scolaires japonais, avec catalogues de cours de français, mathématiques, histoire diffusés sur cassette via le magnétophone SR-1000 et la table traçante SP-400 — la même MCP-40 recyclée par Oric, Canon et Laser.
Un contexte commercial et historique singulier
La SG-1000 naît dans une fenêtre commerciale très étroite. Plusieurs sources citées dans la vidéo rappellent que Sega aurait initialement conçu un ordinateur, le SC-3000, avant d'apprendre le lancement imminent de la Famicom et de décliner à la hâte une version console sans clavier. Cet héritage explique la filiation entre la SG-1000, la SG-1000 II et le SC-3000 : un même socle matériel, différents habillages selon la cible — joueur occasionnel, famille, utilisateur éducatif.
Le contraste esthétique entre les deux générations de boîtier frappe : la SG-1000 arbore un design de transition, à cheval entre 1982 et 1983, quand la SG-1000 II adopte des lignes anguleuses et un argumentaire marketing assumé, entre "satisfaction de jeu" et "gameplay plein de couleurs qui testera vos capacités". Cette relecture s'inscrit dans la mouvance des analyses matériel publiées sur Rom Game et prolonge l'exploration de la généalogie Sega amorcée avec le dossier précédent du vidéaste sur la Mark III et la Master System.
Olipix annonce déjà une suite dédiée au SK-1100 et au SC-3000, notamment pour tester la programmation en BASIC, le chargement de logiciels depuis le magnétophone et l'imprimante SP-400. La vidéo est disponible sur la chaîne YouTube d'Olipix.
Sources : Olipix (YouTube), Wikipedia SG-1000, Wikipedia SC-3000.
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