
Il devait sortir sur la première Switch, il y arrive finalement par la petite porte. L'utilisateur fuyuka (@touhoufagyuri) a présenté des images de Mario Kart World en train de tourner sur la Nintendo Switch d'origine, et d'autres membres de la scène homebrew l'ont aussi lancé sur le modèle OLED. Le résultat tient davantage de la démonstration que de la partie de karting : environ 10 images par seconde en mode docké, et à peine 2 en mode portable.
Dix images par seconde, et beaucoup de réglages
Ces chiffres concernent le jeu tel quel. Pour gagner en régularité, les testeurs ont forcé un niveau de détail inférieur et réduit la résolution de rendu, ce qui aurait rendu la fréquence d'images relativement stable en mode docké dans certaines conditions. Le compte n'y est pas pour autant : les problèmes graphiques restent nombreux, certains éléments sont mal implémentés et plusieurs fonctionnalités ne se comportent pas comme sur Switch 2.
Loin d'une version pensée pour l'ancienne console, il s'agit d'un portage forcé. Personne ne recrée le jeu pour la première Switch : les développeurs tentent de faire fonctionner la version Switch 2, à partir de dumps et de correctifs logiciels, sur une machine bien moins puissante. La console de 2017 se contente de 4 Go de mémoire vive, contre 12 Go pour sa remplaçante, et cet écart s'ajoute à celui de la puissance de calcul et des capacités graphiques. Faire tourner correctement le jeu demanderait selon toute vraisemblance de le retravailler en profondeur, jusqu'aux distances d'affichage. Une expérience voisine concernerait Pokopia, dont le début aurait été montré en 540p à 30 images par seconde sur une console devenue brûlante, sans garantie que cela tienne sur la durée.
Le chemin inverse du développement de Nintendo
L'expérience prend un relief particulier au regard de l'histoire du jeu. Nintendo a expliqué en 2025 que son prototypage avait commencé en mars 2017, sur la première Switch. Selon son producteur Kosuke Yabuki et son directeur de la programmation Kenta Sato, l'objectif de courses à 24 participants s'est révélé difficile à tenir sur cette machine, et le projet a fini par basculer sur Switch 2, où il est sorti le 5 juin 2025. La scène homebrew refait donc le chemin dans l'autre sens, et ses premiers résultats illustrent précisément ce choix : même avec des exigences graphiques réduites, les performances restent très éloignées de celles attendues d'un jeu de course.
Cela n'empêche pas le débat de s'enflammer. Pour certains, voir ce jeu démarrer sur l'ancienne console prouve que la Switch 2 n'est qu'une mise à jour de son aînée, un air déjà entendu avec la parenté entre GameCube et Wii. D'autres rappellent qu'un jeu qui se lance n'est pas un jeu qui tourne, que huit ans séparent les deux machines, et qu'un constructeur a besoin d'exclusivités pour faire vivre une nouvelle console. À 10 images par seconde, la démonstration plaide d'ailleurs autant pour le second camp que pour le premier.
Un jailbreak qui accélère les expériences
Ces essais s'inscrivent dans une période particulièrement active. Depuis le jailbreak logiciel de la console, révélé fin octobre, Eden-NX2 a ouvert la voie à l'émulation sur PC, et Eglantine et ses dérivés ont pris le relais à toute allure, pendant que d'autres essais visent macOS et iOS, comme nxnative l'a déjà fait avec les jeux de la première Switch. Le contraste est parlant : sur PC, Mario Kart World dépasse déjà les 38 images par seconde sur une RTX 3060 avec Eden-NX2, quand la console d'origine plafonne à une dizaine. Cette vitesse ne fait pas l'unanimité non plus, l'usage de l'intelligence artificielle dans certains de ces projets suscitant de la méfiance.
Pour l'heure, la première Switch sert de terrain d'expérimentation, sans remplacer sa remplaçante. Il reste à voir si de nouvelles optimisations permettront de gagner quelques images par seconde...
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