Sierra Quest : le bouton « DO NOT TOUCH » ouvre le multivers de Sierra

/ Fan game gratuit réalisé par Craig Harman, Sierra Quest réunit Roger Wilco et le roi Graham dans les mondes de Space Quest, King's Quest ou Leisure Suit Larry.
publié le 1er novembre 2026

Il suffisait d'appuyer sur le mauvais bouton. Dans Sierra Quest, sorti le 31 octobre, Roger Wilco fuit l'Arcada condamné et presse le bouton « DO NOT TOUCH » de sa capsule de sauvetage. Le concierge spatial de Space Quest finit sa course dans les douves du château de Daventry, face au roi Graham de King's Quest. L'Australien Craig Harman tire de cette rencontre improbable un point and click gratuit et non commercial, disponible sur Windows, macOS et Linux, ainsi que dans le navigateur. On peut d'ailleurs s'étonner qu'il ait fallu attendre aussi longtemps pour voir un tel crossover.

Une tournée des grands mondes de Sierra

Le roi ayant promis de ramener le malheureux chez lui, le duo se lance dans une enquête sur les raisons de sa venue, guidé par une vision du miroir magique. Le voyage passe par Spielburg et sa forêt, tirées de Quest for Glory I, qui occupent plus d'un quart des salles, par le musée Leyendecker de Laura Bow II: The Dagger of Amon Ra, le commissariat de Lytton et la prison de Police Quest, puis Lost Wages, où traîne forcément Larry Laffer. Laura Bow et Sonny Bonds sont de la partie, et d'autres figures surgissent là où on ne les attend pas, comme Gabriel Knight à Spielburg ou Freddy Pharkas.

L'humour et les énigmes sont nouveaux, mais le visuel, lui, sent bon l'époque. En 320x200, le jeu réutilise les décors et les sprites d'origine des jeux Sierra, seules les douves et la salle du trône de Daventry ayant été redessinées par Khrob Edmonds. L'aventure s'annonce à la fois fidèle et plus clémente que ses modèles. Le jeu promet toujours une « mort en faisant quelque chose de manifestement stupide », avec le rappel de rigueur à sauvegarder tôt et souvent, mais il supprime les impasses irrémédiables qui ont fait la mauvaise réputation du genre. Il ajoute aussi une sauvegarde automatique et des déplacements plus rapides.

Un an de travail pour un seul développeur

Derrière ce crossover se trouve un seul homme, ou presque. Développeur de métier depuis vingt-six ans, Craig Harman dit avoir commencé à programmer vers 9 ou 10 ans sous l'influence des jeux Sierra. Lancé en octobre 2025 sur Adventure Game Studio, le projet a réclamé environ un an de travail pour aboutir à 89 salles, environ 1 900 sprites et 55 personnages. Pour y parvenir, l'auteur a créé ses propres outils, dont un extracteur de ressources des moteurs AGI et SCI et un générateur de graphes de dépendance des énigmes. Sa présentation publique a eu lieu à la Portland Retro Gaming Expo, où il a donné une conférence au Sierra Museum. La page du jeu glisse enfin une petite pique dans l'air du temps, en précisant qu'il a été développé par « une vraie personne ».

Le projet s'inscrit dans une vitalité plus large de cet héritage, entre la refonte de Space Quest IV sur Amiga OCS, le retour de Gabriel Knight chez GOG et Colossal Cave 3D, signé par les fondateurs de Sierra. Il rejoint aussi la scène des aventures rétro indépendantes, à l'image de Celestial Coffee Quest. S'agissant d'un jeu de fan, Craig Harman précise qu'il n'est affilié à aucun détenteur de la licence, et les marques comme les personnages restent la propriété de leurs ayants droit.

Sierra Quest se télécharge gratuitement sur le site de Point and Click Studios, pour une aventure annoncée à 5 ou 6 heures. Une prochaine version doit déjà corriger un petit souci de l'utilitaire de configuration. D'autres classiques de l'éditeur sont à retrouver sur la page Sierra.

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Sources : Point and Click Studios

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