DOOM Retro : le portage qui chouchoute le classique d'id Software depuis plus de dix ans

/ DOOM Retro v6.1, source port libre et minutieux du classique d'id Software, poursuit ses mises à jour mensuelles avec Direct3D 11, support DualSense et compatibilité MBF21
publié le 8 juin 2026

Un source port né pour le 20e anniversaire, toujours vivant pour le 33e

Parmi la galaxie de source ports qui maintiennent DOOM en vie depuis trois décennies, DOOM Retro occupe une place à part. Créé par Brad Harding en décembre 2013 pour commémorer le 20e anniversaire du FPS d'id Software, ce portage open source pour Windows vient d'atteindre sa version 6.1. Né comme un fork de Chocolate Doom, le projet s'en est largement émancipé : plus de 100 000 lignes de code en C, un rythme de mises à jour quasi mensuel, et une philosophie résumée ainsi par son créateur : « DOOM Retro représente tout ce que je désire pour un DOOM de nos jours, dans toute sa gloire sombre, granuleuse et pixelisée, sans compromis ».

Là où GZDoom mise sur la modernisation à outrance (shaders, modèles 3D, éclairage dynamique) et où Chocolate Doom vise la reproduction fidèle de l'expérience originale, DOOM Retro trace un chemin intermédiaire : améliorer le confort de jeu et l'esthétique sans trahir l'esprit de 1993. Un positionnement qui explique la longévité du projet dans un écosystème DOOM régulièrement agité par les controverses autour de ses source ports concurrents.

Direct3D 11, DualSense et sang au sol

La version 6.0 a marqué un tournant technique avec le passage au Direct3D 11, abandonnant le vieillissant Direct3D 9. Le moteur gère nativement le widescreen (16:9, 21:9), s'adapte à n'importe quelle résolution d'écran et propose un framerate déplafonné. Côté contrôles, le support de la manette DualSense de la PS5 est intégré, avec gestion des vibrations et du pavé tactile. Le freelook à la souris est activable pour ceux qui souhaitent lever le nez du plancher d'origine.

Les effets visuels ajoutés restent dans l'esprit du jeu : transparences multiples sur les textures, éclaboussures de sang qui tachent le sol, cadavres qui réagissent aux explosions, flou de mouvement lors des rotations et secousses d'écran à l'impact des tirs. L'automap a été entièrement refondue avec navigation à la souris, zoom progressif et personnalisation des couleurs de secrets. Une console accessible via la touche tilde permet de modifier à la volée l'ensemble des paramètres.

Compatible avec trois décennies de mods

L'un des atouts majeurs de DOOM Retro est sa compatibilité étendue avec l'écosystème de mods. Le source port prend en charge le moteur vanilla d'origine, les formats « limit-removing », BOOM, MBF, MBF21, les Master Levels, SIGIL II de John Romero et le standard ID24 introduit par la mise à jour officielle de DOOM et DOOM II par id Software. Côté audio, les formats MUS, MIDI, MP3, Ogg Vorbis, WAV, FLAC et MOD sont supportés. Un lanceur de WAD intelligent est intégré pour charger ses fichiers de jeu sans passer par la ligne de commande — rappelons que les WAD originaux restent nécessaires.

Le projet est exclusivement distribué en exécutable Windows 32 et 64 bits, bien que le code source soit compilable sous Linux et macOS. DOOM Retro se limite par ailleurs au mode solo : pas de multijoueur ici, un choix assumé par Brad Harding qui concentre ses efforts sur l'expérience en solitaire. Le source port est téléchargeable sur doomretro.com et le code est disponible sur GitHub. Pour les amateurs de DOOM qui n'ont pas encore exploré l'univers des milliers de mods communautaires, c'est un point d'entrée solide.

Sources : DOOM Retro

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