OpenTTD : le train passe aussi par l'Amiga

OpenTTD : le train passe aussi par l'Amiga

/ Un portage natif d'OpenTTD fait tourner le successeur libre de Transport Tycoon sur Amiga 68k, avec multijoueur en ligne, pendant que la version 16.0 se prépare.

Trente ans après Transport Tycoon Deluxe, son héritier libre continue d'avancer sur deux fronts. OpenTTD vient d'entrer en phase de test pour sa version 16.0 sur les plateformes de bureau, tandis qu'un portage natif ouvre au jeu les portes d'une machine qu'il n'avait jamais fréquentée. L'occasion de reprendre le fil de la grande histoire de ce projet communautaire, entamée en 2004 à partir du code du jeu de Chris Sawyer.

Juillet 2026 : OpenTTD débarque sur Amiga 68k

La portabilité du projet vient de trouver une nouvelle illustration. Le développeur angree a publié en juillet 2026 un portage natif destiné aux Amiga à processeur 68000, machines que le jeu de Chris Sawyer n'avait jamais officiellement visitées. La première mouture, numérotée 0.4.1 et bâtie sur la version 1.0.5 d'OpenTTD, réclamait un Amiga équipé du chipset AGA sous AmigaOS 3.0 ou 3.1, un 68030 doté d'un coprocesseur arithmétique et 16 Mo de mémoire Fast, un 68040 à 40 MHz étant conseillé et un 68060 à 50 MHz idéal.

L'approche technique explique ces exigences. Plutôt que de s'appuyer sur la bibliothèque SDL ou sur une carte graphique additionnelle, le portage s'adresse directement aux composants historiques de la machine, d'Intuition à la graphics.library en passant par l'affichage planaire. Le tampon d'image du jeu, organisé en octets contigus, est converti à la volée vers le format en plans de bits de l'AGA, avec un suivi des zones modifiées pour éviter de redessiner l'écran entier à chaque image. Le son est confié aux quatre canaux matériels de Paula en accès direct à la mémoire, les échantillons d'OpenSFX étant convertis en 8 bits à 22,05 kHz et logés en mémoire Chip. Quatre résolutions sont proposées, de 320 par 256 à 640 par 512 points, les plus modestes convenant mieux aux configurations les moins véloces.

Le multijoueur en ligne en prime

Le rythme de développement a été soutenu. À la version initiale, dépourvue de réseau, de musique et de prise en charge des cartes graphiques RTG, ont succédé en quelques jours les moutures 1.0.0 puis 1.1.0. La première apporte le multijoueur en ligne, la seconde un mode fenêtré redimensionnable sous Workbench, et l'ensemble étend la compatibilité aux cartes RTG comme aux machines OCS et ECS, ces dernières exploitant le mode Extra Half-Brite.

La caractéristique la plus remarquable tient à l'interopérabilité : le portage utilise le même code de jeu que les versions de bureau, si bien qu'un possesseur d'Amiga peut rejoindre une partie en cours et bâtir son réseau ferroviaire aux côtés de joueurs sous Windows. Les prérequis ont d'ailleurs été revus, un 68020 suffisant désormais, mais avec 24 Mo de mémoire Fast et un processeur plus rapide recommandé sur les cartes fréquentées. Le code source et les exécutables sont publiés sur GitHub. Ceux qui ne disposent plus du matériel d'époque pourront se rabattre sur les rééditions récentes de l'Amiga 1200 ou sur l'émulation.

Les mises à jour n'ont pas cessé depuis. La dernière en date accélère le chargement des parties, ajoute la gestion de la molette de souris et introduit la prise en charge du MIDI par l'intermédiaire de la bibliothèque CAMD, standard historique de l'AmigaOS pour le dialogue avec les instruments externes. Les cartes graphiques compatibles Picasso96 et CyberGraphX sont reconnues sans être nécessaires. À noter enfin que le développeur, dont le nom civil est Grzegorz Korycki, crédite explicitement un assistant d'intelligence artificielle au générique du portage, déclaration devenue courante sur les projets de ce type.

Une version 16.0 en préparation côté bureau

Le projet principal n'est pas en reste. La branche destinée aux ordinateurs de bureau est passée en 16.0-beta1, première étape avant une version définitive dont le calendrier n'est pas arrêté. Le rythme de publication annuel, adopté depuis plusieurs années, tranche avec la lenteur des débuts, à l'époque où le programme dépendait encore des fichiers du jeu commercial pour fonctionner.

C'est d'ailleurs l'un des enseignements de ce chantier : entamé comme une modification appliquée au code original, OpenTTD s'est progressivement affranchi de sa source jusqu'à devenir un logiciel autonome, ce qui lui a permis d'atteindre des plateformes que personne n'aurait envisagées en 1994. Un ordinateur de 1992 exécutant le même code réseau qu'un PC actuel en fournit la démonstration la plus littérale.

Sources : GitHub, OpenTTD

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