La production indépendante continue de puiser dans le vocabulaire visuel des années 1990, entre polygones tremblants et sprites dessinés à la main. Quatre projets récents l'illustrent, dont trois sont d'ores et déjà accessibles sous forme de démonstration ou de phase de test. Le quatrième, lui, ne doit rien au passé : il se contente d'être éprouvant.
Blood Dungeon, les auteurs de Nidhogg passent au bullet heaven
Le studio Messhof, connu pour Nidhogg et son duel à l'épée réduit à l'essentiel, puis plus récemment pour Wheel World, publie Blood Dungeon le 25 août 2026. Le studio s'édite lui-même et vise d'emblée large : Steam, PlayStation 5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch et Switch 2.
Le jeu croise le platformer en deux dimensions et le tir automatique popularisé par la vague des bullet heaven. Le personnage arrose seul tout ce qui bouge pendant que le joueur se concentre sur le saut et l'escalade, formule qui déplace la difficulté du côté du déplacement plutôt que de la visée. Le bestiaire dépasse la centaine de créatures, réparties dans des donjons à traverser et six arènes de survie. Neuf personnages jouables se distinguent par leurs caractéristiques et leur armement. Une démonstration est disponible sur Steam.
Derelikt réveille l'esthétique PlayStation
Développé par Visuwyg et édité par Hyperstrange, Derelikt situe son action à bord de la station Von Neumann, bâtie dans un astéroïde à la dérive en orbite autour de Saturne. Le joueur s'y réveille alors que quelque chose d'ancien commence à s'agiter dans les coursives. Le studio revendique trois références explicites : System Shock 2, Alien Resurrection et Doom 3. La réalisation pousse le mimétisme jusqu'au bout en reproduisant les défauts caractéristiques de la première PlayStation, du tremblement des sommets à la déformation affine des textures, complétés par des cinématiques précalculées. Le programme mêle exploration de lieux clos, gestion de ressources rares et énigmes, avec plus d'une douzaine de personnages livrant chacun sa version des faits. Sortie annoncée pour la fin 2026. Le mariage entre horreur et moteur d'époque avait déjà donné des résultats convaincants.
Maxwell's Odyssey vise le début des années 90
Le studio Cosmic Void assume une filiation plus ancienne encore avec Maxwell's Odyssey, jeu de plateforme et d'aventure en pixel art présenté comme un salut aux classiques du début de la décennie 1990. L'objectif consiste à s'infiltrer dans la forteresse du Blood-Spitting Prophet pour délivrer la magicienne d'Amber Valley.
La progression alterne exploration de donjons, affrontements contre sbires et boss, et collecte de ressources, de la dynamite aux munitions. De nouvelles capacités s'acquièrent en chemin et ouvrent l'accès à des zones jusque-là fermées, structure familière aux amateurs du genre. Une bande-son synthétique accompagne l'ensemble. Le jeu est attendu sur PC sans date annoncée, mais une démonstration gratuite est déjà proposée sur Steam. La direction artistique en points le rapproche d'une veine que la production indépendante n'a jamais délaissée.
Turis Station ouvre sa bêta
Turis Station mêle science-fiction et fantasy dans un décor associant pixel art stylisé et environnements en trois dimensions d'inspiration années 90. Le joueur y incarne un Auton dépourvu d'âme, à la dérive dans le flux cosmique, dont chaque décision façonne peu à peu la personnalité et ouvre de nouvelles branches narratives.
Les activités proposées vont du commerce avec des magiciens à la pêche cosmique, en passant par la collecte d'artefacts et l'artisanat, toutes alimentant la même mécanique de construction du personnage. Un jeu de cartes intégré, baptisé Remnants, permet de défier les personnages non joueurs comme d'autres joueurs, et les mondes privés acceptent jusqu'à cent vingt-huit participants. La bêta ouverte est accessible sur demande depuis la fiche Steam du jeu, sans date de sortie communiquée.
500 FINGER FILET fait couler le sang
Rien de nostalgique dans le dernier venu, signé Corpse Games. 500 FINGER FILET transpose en roguelite le jeu du couteau entre les doigts, celui que le cinéma prête volontiers aux personnages désireux de prouver leur sang-froid. Chaque tour impose cinquante coups dans le temps imparti, avec une machine dont la trajectoire tremble en permanence.
Chaque lame possède ses statistiques propres, entre probabilité de sectionner un doigt, perte sanguine et douleur infligée. Perdre un doigt entraîne un saignement continu, l'hémorragie provoque un évanouissement définitif, et le seuil de douleur coûte de précieuses secondes. L'argent gagné en chemin permet d'acheter des bagues aux effets variés, voire du ruban adhésif pour recoller les appendices égarés. Le joueur peut choisir la couleur de sa peau, de son vernis à ongles et de son sang, attention délicate. La démonstration est disponible et la sortie annoncée pour cette année, dans une veine que CloverPit a récemment popularisée.
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