ClaudeST : l'IA Claude débarque sur Atari ST, STE, TT et Falcon

/ ClaudeST est un client GEM natif pour l'Atari ST, le TT et le Falcon. Il donne accès à claude.ai, avec conversations, projets et artifacts, grâce à une passerelle sur Raspberry Pi.
publié le 21 octobre 2026

Un Atari ST de 1985 qui discute avec une intelligence artificielle de 2026 : l'idée a quelque chose de vertigineux, et elle fonctionne. Annoncé le 4 octobre 2026 sur Atari-Forum par Erez Yaary, alias whomper, ClaudeST est un client natif pour claude.ai, l'assistant conversationnel d'Anthropic. Il tourne sur toute la gamme Atari 16/32 bits, de l'ST au Falcon en passant par le STE, les Mega ST et STE et le TT, avec un simple Raspberry Pi pour faire le lien avec Internet. 

Une interface GEM qui reprend celle du site

Le logiciel reproduit sous GEM l'organisation du site web. Une colonne à gauche regroupe conversations, recherche, sessions de code, projets et artifacts, et la discussion ouverte s'affiche à droite, avec des réponses qui défilent au fur et à mesure de leur rédaction. Il s'appuie sur le compte claude.ai de l'utilisateur, conversations épinglées et projets compris. Les artifacts peuvent être consultés et enregistrés sur disque, documents Word inclus, et tout type de fichier peut être joint à un message, depuis le sélecteur de fichiers ou par glisser-déposer.

Le modèle et le niveau de réflexion se choisissent pour chaque conversation, et un anneau indique la consommation de la session en cours. ClaudeST gère l'hébreu, écrit de droite à gauche, propose un sélecteur de polices compatible GDOS avec NVDI, et s'adapte à tous les écrans à partir de 640 × 200 pixels, en monochrome comme en couleur. Le programme lui-même pèse environ 45 Ko et demande environ 250 Ko de mémoire libre, avec un TOS 1.04 ou plus récent, EmuTOS ou MiNT. Écrit en C, il embarque ses propres bibliothèques graphiques et réseau, et se passe de MiNTLib comme de fichier de ressources.

Le Raspberry Pi comme passerelle

Un 68000 cadencé à 8 MHz est incapable de gérer le chiffrement HTTPS moderne. Le Raspberry Pi, ou n'importe quel ordinateur sous Linux du réseau local, exécute donc un petit programme en Python qui joue les intermédiaires. Il dialogue avec claude.ai, ou avec l'API d'Anthropic si on le préfère, puis transmet à l'Atari de courtes lignes de texte dans son propre jeu de caractères. L'Atari se charge de tout l'affichage. La liaison passe par le réseau avec la pile STinG, en Ethernet ou en Wi-Fi : le Falcon de l'auteur est ainsi relié par une carte NetUSBee, sans le moindre câble vers le Pi. Elle peut aussi passer par un câble série null-modem branché sur le port modem, à 19 200 bauds. La documentation prévient qu'il ne faut surtout pas relier l'Atari directement aux broches du Pi, car ses signaux en ±12 V l'endommageraient.

L'auteur ne cache pas les limites du dispositif. claude.ai ne proposant pas d'API publique pour les comptes personnels, la passerelle utilise la même interface privée que le site web, sur la base de la clé de session du navigateur, conservée sur le Pi seulement. Un changement côté Anthropic peut donc interrompre certaines fonctions jusqu'à la mise à jour du logiciel. Le projet est non officiel et n'a aucun lien avec Anthropic ni avec Atari.

Écrit par Claude, pour parler à Claude

La genèse du projet est sans doute son aspect le plus singulier. Erez Yaary a développé ClaudeST dans Claude Code. Il décrivait ce qu'il voulait et testait chaque version sur son Falcon, pendant que l'IA écrivait le code C pour 68000, la passerelle Python et l'installeur du Pi, et vérifiait chaque modification dans l'émulateur Hatari avant de la livrer. « So Claude wrote the program that lets an Atari talk to Claude », résume l'auteur, qui s'amuse de ce que la rubrique Code de la barre latérale puisse rouvrir la session même dans laquelle le programme a été écrit. Une démarche qui tranche avec la méfiance d'une partie de la scène, dont plusieurs sites de référence ont récemment refusé les jeux rétro générés par IA.

Sur le forum, les réactions oscillent entre admiration et vertige. « Je ne sais pas si je dois être émerveillé ou simplement effrayé. Sans doute les deux », écrit un membre, tandis qu'un autre, qui bricolait un accès par terminal série, estime que le projet «  le surclasse complètement ». Une question revient : peut-on brancher la passerelle sur un modèle de langage installé localement plutôt que sur un service en ligne ? L'auteur rappelle qu'un ST est bien incapable de faire tourner un tel modèle, mais qu'un Raspberry Pi 5 équipé d'un SSD de grande capacité peut accueillir des modèles libres. Eero Tamminen, figure du développement de Hatari, tempère : un service comme Claude repose sur plusieurs services spécialisés, dont le modèle de langage n'est qu'un composant, et une installation locale reste loin du résultat des services professionnels sans un travail conséquent.

Une suite logicielle pour Atari connecté

ClaudeST fait partie de la famille AERA, qui comprend aussi un client mail (EMail), un agenda (ECal), un carnet d'adresses (EContact), un client de transfert de fichiers (EFTP) et un navigateur (EWeb), tous reliés à Internet par le même Pi. D'abord baptisé Claude ST, puis brièvement EClaude, le programme évolue à un rythme soutenu : la version 1.55 a été publiée le 21 octobre, quatre jours seulement après la 1.46.

Distribué sous licence GPL sur GitHub, ClaudeST peut s'essayer dans Hatari grâce à un mode de démonstration qui ne nécessite aucun compte. Il rejoint la longue liste des usages les plus exotiques de ST, entre le Mini ST sur FPGA et ce camping dont les réservations tournent sur un Atari ST depuis 36 ans. Les autres projets autour de la machine sont réunis sur la page consacrée à l'Atari ST.

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