
Et si Atari avait sorti une version miniature de son légendaire ST, à l'image des NES Mini ou Mega Drive Mini ? La firme n'ayant jamais franchi le pas, c'est un passionné néerlandais qui s'en charge. Dennis Shaw a dévoilé le Mini ST, une réplique compacte de l'Atari ST et STE basée sur la technologie FPGA, proposée en kit complet pour environ 350 euros. Le projet, entièrement open source, suscite l'enthousiasme de la communauté rétro-informatique.
Une architecture FPGA fidèle au hardware original
Contrairement à l'émulation logicielle, le Mini ST repose sur une puce FPGA Sipeed Tang Nano exécutant le core MiSTeryNano, porté depuis le projet MiSTer. Cette approche recréé la logique du matériel original au niveau des circuits, offrant une compatibilité cycle par cycle avec le processeur Motorola 68000 à 8 MHz. Le système prend en charge plusieurs versions du TOS (Atari Operating System) et émule l'intégralité du chipset, incluant le Blitter et le support des disques durs ACSI.
Une puce compagnon RP2040 gère l'affichage à l'écran (OSD), les fonctions USB et la connectique moderne. La sortie vidéo HDMI supporte les modes couleur et monochrome, tandis que l'audio — YM2149 et DMA stéréo du STE — transite également par cette interface. Point notable pour les musiciens : des ports MIDI-IN et MIDI-OUT physiques sont intégrés, préservant la vocation musicale historique de l'Atari ST.
"C'est vraiment cool d'avoir un ST précis au cycle près avec des ports MIDI entièrement fonctionnels", commente un utilisateur sur Reddit. Un autre souligne que ce FPGA "est beaucoup plus petit et moins cher qu'un MiSTer, mais suffisant pour faire tourner les cores Amiga et ST".
Un boîtier imprimé en 3D façon Atari
Le Mini ST adopte un boîtier compact de type TKL (tenkeyless, sans pavé numérique) basé sur le design Atapi STx, initialement conçu pour Raspberry Pi. Dennis Shaw a adapté ces fichiers pour accueillir le FPGA et ses composants. Les coques sont imprimées en PETG, poncées et peintes à la main, ce qui explique la production limitée : "Je veux en construire un maximum de 5, car ça prend énormément de temps d'imprimer, poncer et peindre", précise le créateur.
Le clavier est un modèle standard du commerce, ce qui implique un compromis : les touches de fonction diagonales caractéristiques de l'Atari ST ne sont pas reproduites fonctionnellement. "Le mec dit que le clavier est un modèle standard, pas custom, donc rendre les touches F diagonales fonctionnelles n'était malheureusement pas une option", note un commentateur. Le résultat visuel reste néanmoins convaincant : "C'est vraiment beau. J'avais pas capté qu'avec un peu de boulot, on pouvait faire en sorte que des formes imprimées en 3D aient l'air jolies."
Open source et disponibilité limitée
Dennis Shaw insiste sur la nature expérimentale du projet : "Je ne suis pas impliqué dans le développement de ce core et ce FPGA-core est encore en développement. Bien que ça fonctionne très bien, il y aura des bugs. Ça doit être considéré comme un projet fun pour bidouiller." Le boîtier intègre un port permettant de flasher de nouvelles versions du core à mesure que le développement progresse.
L'ensemble des matériaux est open source : les fichiers Gerber pour les circuits, les fichiers STL pour l'impression 3D du boîtier et les configurations système sont disponibles sur GitHub et sur le site Beebox68k. Les bricoleurs peuvent donc assembler leur propre Mini ST.
Pour ceux qui préfèrent une solution clé en main, Shaw propose un kit complet à environ 350 euros incluant carte FPGA, puce compagnon, câblage, boîtier, clavier neuf et tous les composants nécessaires. Basé aux Pays-Bas, il prévient que les frais de port hors Union européenne peuvent être conséquents.
Ce projet rejoint l'écosystème grandissant des alternatives FPGA abordables qui démocratisent l'accès à la préservation hardware. Parallèlement, l'Atari STE continue d'inspirer les développeurs avec des moteurs de jeu repoussant les limites de la machine originale.
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