
Après Super Mario Galaxy, c'est au tour de The Legend of Zelda: Breath of the Wild de goûter à la recompilation statique. Un projet de fan baptisé Savage Wind Recomp transforme la version Nintendo Switch du jeu en programme PC natif, sans passer par un émulateur. Son auteur, connu sous le pseudonyme ReviveDx, prévient toutefois qu'il s'agit d'une version très précoce : « consider this a beta, or even an alpha, release ». Quant au nom du projet, il explique l'avoir choisi parce qu'il lui plaisait, et pour éviter que quelqu'un ne vienne frapper à sa porte, une allusion transparente à la vigilance de Nintendo envers les projets de fans.
Une recompilation de la version 1.8.2
Publié sur GitHub en version 0.2.0-alpha.2, le projet s'appuie en grande partie sur l'outil LAS Recomp, sans lequel il n'aurait pas été possible selon son auteur. Il part de la version 1.8.2 du jeu. D'après lui, celle-ci est longtemps restée la version de référence, la dernière mise à jour officielle n'ayant apporté que des corrections mineures et la prise en charge du thaï.
La recompilation s'effectue directement sur la machine de l'utilisateur, à partir de ses propres fichiers du jeu. Aucun fichier, aucune clé ni aucun élément du jeu n'est fourni, et le projet ne propose aucun outil d'extraction ni de déchiffrement. Le README précise que le code produit contient du code de Nintendo et ne doit en aucun cas être partagé. Autre particularité : selon son auteur, le code du projet a été écrit presque entièrement par une intelligence artificielle, supervisée et testée par un humain. Une démarche qui ne fait pas l'unanimité dans la scène, où plusieurs sites ont récemment fermé leurs portes aux productions générées par IA.
L'installation nécessite Windows 10 ou plus récent, un processeur compatible AVX2, une carte graphique gérant Vulkan 1.3 et environ 35 Go d'espace libre. La première installation demande une quarantaine de minutes sur un processeur à 12 threads.
Pensé pour le PC
Le portage tourne par défaut à 60 images par seconde, avec la possibilité de choisir 30, 90 ou 120, ou de lever toute limite, sans accélérer la vitesse du jeu. La résolution monte jusqu'à la 4K native, et l'upscaling AMD FSR 1 permet de gagner en fluidité. Un cache de shaders et de pipelines évite les saccades dans les zones déjà explorées.
Les commandes ont été entièrement adaptées au clavier et à la souris, avec une disposition inspirée de Dark Souls. Des menus dédiés règlent l'image, le son et les commandes, et un utilitaire séparé permet de modifier ces réglages sans lancer le jeu. Contrairement à la version Switch, qui impose la même langue pour les voix et les sous-titres, les deux peuvent désormais être choisies indépendamment : doublage japonais et sous-titres en français, par exemple, parmi 15 langues de texte et 8 de doublage.
Performances et feuille de route
La prudence reste de mise. Seuls le début du jeu et le Grand Plateau ont été testés, et des bugs ou plantages sont à prévoir au-delà. L'auteur indique une fréquence oscillant entre 45 et 60 images par seconde sur une GeForce RTX 3060 en 1440p, sans FSR. L'optimisation des performances est sa priorité. Les DLC ne sont pas pris en charge.
La suite prévoit le DLSS, le FSR 3, la prise en charge de l'affichage à fréquence variable (VRR), de meilleures options d'accessibilité et le support des mods. Une idée plus originale est aussi au programme : les objets normalement obtenus avec les figurines amiibo seraient cachés dans des coffres à travers le monde, pour récompenser l'exploration plutôt que le hasard. Les contributions sont bienvenues via le dépôt GitHub.
Ce projet illustre l'essor rapide des recompilations statiques, qui touchent désormais des machines de plus en plus récentes, de la Nintendo 64 à la PlayStation 3 avec ps3recomp. Pour la Switch, il complète les émulateurs apparus après Yuzu et Ryujinx. Les autres articles consacrés au jeu sont réunis sur la page Zelda Breath of the Wild.
Sources : GitHub Savage Wind Recomp
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