La NES passe au CD-ROM grâce à une extension géniale

/ Le projet NESCD branche un lecteur CD-ROM sur la NES via un RP2350B et une EverDrive N8 Pro : jeux chargés depuis un disque, musique en qualité CD et lecture de CD audio.
publié le 3 novembre 2026

Nintendo n'a jamais franchi le pas du CD-ROM avec la NES. Un passionné vient de le faire à sa place. Le projet NESCD, publié sur GitHub par Throaty Mumbo, transforme la console 8 bits en lecteur de disques. « Voici de la pure magie noire », s'enthousiasme Max Cagnard, alias Caf, sur Gamekult, qui y voit une chose « parfaitement contraire aux lois de la nature vidéoludique ». Comme le relèvent aussi Console Classics, RetroRGB et THM Magazine, il s'agit d'un module d'extension non officiel, conçu « just because! » selon son auteur, mais parfaitement fonctionnel. Le projet a aussi été présenté en vidéo par Tito, de la chaîne Macho Nacho Productions. Throaty Mumbo n'en est pas à son coup d'essai : il avait déjà réussi, selon Gamekult, à faire lire des DVD à la Dreamcast.

Un Mega-CD pour la NES

Le cahier des charges était strict : ne toucher en rien à la NES. La console ne subit aucune modification. Elle vient simplement se poser sur un socle d'extension, à la manière du Mega-CD de la Mega Drive. Le boîtier, entièrement modélisé et imprimé en 3D, reprend tous les attributs d'un lecteur de l'époque, avec un tiroir à disque, un bouton d'éjection et même une molette de volume. THM Magazine y décèle un « parfum de Mega-CD à la sauce Nintendo ».

Un lecteur IDE, un RP2350B et une EverDrive

À l'intérieur, le principe repose sur trois éléments : une carte maison bâtie autour d'un microcontrôleur RP2350B, un lecteur de CD-ROM IDE standard à 40 broches, comme on en trouvait dans les PC des années 1990, et une cartouche EverDrive N8 Pro. La carte sert d'intermédiaire entre le lecteur et la console. Elle lit le jeu sur le disque, l'envoie à l'EverDrive par son port USB, puis demande au menu de la cartouche de l'installer et de le lancer. L'EverDrive joue alors les trompe-l'œil : la NES croit lire une cartouche d'époque. Dans la démonstration, Super Mario Bros. se lance ainsi directement depuis un CD gravé.

Pour la musique, la carte surveille un octet servant de « boîte aux lettres » dans la mémoire de la cartouche : lorsqu'un jeu demande un morceau, elle lit la piste correspondante sur le CD et la diffuse par le port d'extension situé sous la console. Throaty Mumbo avait d'abord envisagé de faire transiter le son par l'EverDrive, mais le débit de son port USB ne suffisait pas. Le port d'extension a en outre l'avantage de permettre le mixage et le réglage du volume, d'où la molette en façade. Les jeux spécialement adaptés profitent ainsi de bandes-son en qualité CD, un principe que RetroRGB compare au « MSU-1 audio for the NES », en référence à la puce virtuelle qui offre déjà ce luxe à la Super Nintendo, comme dans le romhack F-Zero Community Grand Prix.

Musique, CD audio et vidéo plein écran

Le module sait aussi lire des CD audio classiques : il suffit d'insérer un disque depuis le menu de l'EverDrive pour lancer un lecteur dédié, présenté par son auteur comme « arguably the most practical use » de l'engin. La vidéo du projet montre même de la vidéo plein écran, dans les limites de résolution, de couleurs et de fréquence d'images de la NES. Ce code n'a volontairement pas été publié : pour le faire fonctionner, Throaty Mumbo a dû rétro-concevoir en partie la démo Bad Apple!! Ultimate NES Demake du studio Something Nerdy, dont le code n'est pas public. L'équipe prévoyant d'ouvrir elle-même son travail après la sortie de son jeu Former Dawn, il a préféré ne pas diffuser un code issu de cette rétro-ingénierie.

Le projet, mis en ligne fin août, est publié gratuitement sous licence MIT. Le dépôt comprend les schémas et le circuit imprimé, bâti autour d'un module Pimoroni PGA2350, les sept pièces du boîtier à imprimer en 3D, des étiquettes, le firmware, un jeu de démonstration accompagné de quatre morceaux, et des outils pour convertir l'audio, créer des images de disque et les graver. Chacun peut donc l'étudier, l'améliorer ou le reproduire, et même graver ses propres jeux en associant une ROM NES à ses pistes musicales. L'ensemble s'alimente par un simple adaptateur Molex, la NES pouvant être alimentée par le boîtier ou par son propre bloc. Son auteur liste lui-même ses limites : le câble USB qui dépasse à l'avant, défaut le plus visible, et l'absence de moyen pour revenir au menu de la cartouche après l'insertion d'un disque, faute de réinitialisation logicielle sur la NES. RetroRGB résume : « definitely not practical », mais fascinant.

Le CD qui n'a jamais existé

L'idée est née d'un autre rendez-vous manqué : l'extension CD de la Super Nintendo, développée avec Sony puis abandonnée. Throaty Mumbo voulait d'abord en réaliser sa propre version, avant de juger plus drôle et plus étrange d'aller encore plus loin avec la NES. L'échec de ce projet avait conduit Sony à lancer sa propre console, la PlayStation, alors que Sega, NEC ou 3DO avaient déjà adopté le CD. Les rares prototypes de cette « Nintendo PlayStation » ont depuis fait couler beaucoup d'encre, de leur remise en état à une vente aux enchères spectaculaire. RetroRGB imagine qu'une version japonaise d'une telle extension pour NES aurait sans doute ressemblé au Famicom Disk System, avec un lecteur de CD-ROM à la place des disquettes. Les autres projets autour de la cartouche utilisée sont réunis sur la page EverDrive.

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Sources : GitHub NESCD

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