Episode II - Lankhor.net : Fredo_L, une vie de joueur et une vie tout court...

Bien avant de créer le site web Lankhor.net en 2000, Frédéric LETELLIER est quasi né joueur sur micro-ordinateur depuis la fin des années 80. L’occasion aujourd’hui de revenir sur cette période ainsi que sur sa vie professionnelle.

Sur quelle(s) machine(s) jouais-tu ?

Je jouais sur le PC appartenant à ma mère car elle s’en servait pour son travail (je pense que c’était aux alentours de 1986). Le moniteur devait faire moins de 14 pouces, il n’affichait que peu de couleurs et il faisait mal aux yeux (on avait ajouté un filtre pour réduire un peu ce problème). On avait une imprimante matricielle, il n’y avait pas de souris (nous avons acheté notre première souris quand est sorti Windows 3.11) et l’ordinateur ne possédait pas de carte son.

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Heureusement pour moi, ma mère faisait régulièrement évoluer sa machine, ce qui me permettait de faire tourner la grande majorité des jeux. Cependant, j’ai mis très longtemps avant de réussir à la convaincre d’acheter une carte son et c’est ce qui explique également que j’ai été autant impressionné par le Manoir de Mortevielle de Lankhor qui utilisait le haut-parleur interne de l’ordinateur. D’habitude, mes jeux d’aventure étaient totalement silencieux.

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En 2002, la société Lankhor m’a offerte 2 grosses caisses à archives dans lesquelles se trouvaient de nombreux trésors dont la totalité de leurs jeux.

Comme j’avais un PC chez moi, c’est sur cette machine que j’ai le plus joué. Quand j’allais jouer chez des amis, je testais d’autres micro-ordinateurs (Atari et Amiga) ou consoles (Nintendo et Sega). J’étais un peu jaloux de ces autres machines que je trouvais plus simples que mon ordinateur (régulièrement, je devais me battre avec les fichiers de configuration du DOS pour avoir assez de mémoire pour lancer mes jeux).

Le PC est toujours aujourd’hui ma machine de prédilection pour jouer. Par choix, je ne possède pas de poste de télévision et mes enfants jouent en conséquence principalement sur PC. J’ai installé plusieurs émulateurs de consoles sur mon ordinateur, ce qui permet à mes enfants de faire du rétro-gaming ! J

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Figure 9 - L'espace gamer de Frédéric LETTELLIER (Février 2019). On aperçoit en haut à gauche le poster de Maupiti Island qui était offert avec le magazine Génération 4 !

Quels jeux Lankhor as-tu possédés à l’époque ?

Dans la période où Lankhor était un éditeur/développeur, j’avais acheté le Manoir de Mortevielle et Maupiti Island. Dans la période (plus récente) où Lankhor n’était plus que développeur, j’ai acheté les jeux F1 World Grand Prix, Warm Up ! et Ski Park Manager dès leur sortie.

En 2002, la société Lankhor m’a offerte 2 grosses caisses à archives dans lesquelles se trouvaient de nombreux trésors dont la totalité de leurs jeux.

As-tu un ou plusieurs jeux Lankhor fétiches ?

Quand on parle de Lankhor, les gens citent souvent le jeu Vroom. Même si je l’avais trouvé bon, il ne m’a au final pas trop marqué. Lors de sa sortie, j’y avais un peu joué chez un ami mais le problème est que je n’affectionnais pas trop les jeux de courses car j’étais relativement nul.

j’ai juste au-dessus du moniteur de mon ordinateur le poster Maupiti Island qui avait été offert par le magazine Génération 4

Je pense que c’est sur Maupiti Island que j’ai pris le plus de plaisir car je le trouvais beau et intéressant. Cependant, le Manoir de Mortevielle m’a probablement davantage marqué.

Concernant les jeux sortis sur Amiga/Atari/CPC, j’y ai joué par émulation à la fin des années 90. J’ai apprécié plusieurs de ces jeux mais sans pour autant que je puisse dire qu’ils m’ont vraiment marqué. Pour prendre un exemple, j’ai trouvé que le jeu éducatif Troubadours était joli, avec de belles musiques et une histoire sympathique. Cependant j’étais trop âgé (j’avais 20 ans) pour être vraiment marqué par ce jeu.

Pour l’anecdote, j’ai juste au-dessus du moniteur de mon ordinateur le poster Maupiti Island qui avait été offert par le magazine Génération 4. Le tableau original a récemment été mis aux enchères et j’aurais bien aimé me le procurer mais quelqu’un a été plus doué que moi.

Où achetais-tu tes jeux-vidéo ? 

J’achetais la majorité de mes jeux neufs dans une boutique Micromania qui était à proximité de la Fnac Montparnasse. J’étais abonné à 3 revues (Tilt, Joystick et Génération 4). Avec l’abonnement d’un an, il y avait souvent un jeu offert.

autrefois, un critère important pour choisir un jeu était sa bonne durée de vie. Aujourd’hui, c’est l’exact inverse puisque dans l’idéal, j’essaie de choisir des jeux pouvant se terminer en moins de 5 heures

A l’époque, c’était un réel plaisir que d’ouvrir la boîte d’un jeu car elle contenait bien souvent des goodies. Par exemple, avec le jeu Alone In The Dark, nous avions un petit journal qui nous mettait dans l’ambiance.

Même si je n’en suis pas très fier, il m’arrivait aussi de récupérer des copies de jeux. En général, les jeux que je copiais étaient ceux que je souhaitais tester par curiosité mais sans vouloir passer trop de temps dessus. De nos jours, je n’ai plus besoin de pirater car il est possible de tester gratuitement les jeux et les vidéos Youtube permettent de se faire une idée.

Joues-tu encore sur des titres Lankhor ou à des jeux plus modernes ?

Je passais beaucoup de temps à jouer quand j’étais plus jeune mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ce qui est amusant c’est qu’autrefois, un critère important pour choisir un jeu était sa bonne durée de vie. Aujourd’hui, c’est l’exact inverse puisque dans l’idéal, j’essaie de choisir des jeux pouvant se terminer en moins de 5 heures.

Sinon, je ne joue plus aux jeux de la société Lankhor. Pour en comprendre la raison, il faut se rappeler qu’il y avait plusieurs jeux éducatifs qui s’adressaient à un jeune public. Il y avait aussi des jeux d’action sympathiques mais qui ne peuvent plus rivaliser avec les jeux récents. Enfin, il y avait de nombreux jeux d’aventure mais comme je les ai déjà essayés, je ne suis pas motivé pour les refaire à nouveau.

Il se peut qu’un remake de Maupiti Island arrive dans quelques temps, et si tel est le cas, je prévois d’y jouer en compagnie de mon fils.

Figure 10 - Les 30 ans de Maupiti Island au Gamin’ Gones 3 (2020)

Sinon, quel est ton métier ?

Je suis « vidiste », c’est-à-dire que ma spécialité est le vide. Je travaille dans un laboratoire de physique du CNRS qui dispose d’accélérateurs de particules qui fonctionnent en ultravide.

Le métier de vidiste n’est pas forcément bien connu et je précise donc que je ne suis pas un Shadok en train de pomper toute la journée. Je fais principalement un travail d’expertise avec des études et simulations. Pour donner un exemple de mes activités de vidiste, j’ai fait un mémoire d’ingénieur sur le taux d’émission d’électrons secondaires, un élément à prendre en compte pour la pression dans un accélérateur de particules.

Quel est ton parcours professionnel ?  

J’ai terminé mes études en 2003 (j’avais 23 ans) en obtenant un DEA en robotique et systèmes intelligents.

J’ai ensuite travaillé de 2004 à 2005 comme informaticien pour le Premier Ministre (Jean-Pierre RAFFARIN). Ce premier emploi était intéressant mais particulièrement stressant et c’est la raison pour laquelle je n’y suis pas resté.

J’ai ensuite postulé pour un emploi d’ingénieur en robotique à l’ENSTA (École Nationale Supérieure de Techniques Avancées). Chose que je ne savais pas en acceptant le poste, c’est que l’ENSTA dépendait de la DGA (Délégation Générale pour l'Armement). Alors que j’avais échappé au service militaire, je me suis retrouvé à faire mes classes et j’ai eu le grade de lieutenant.

Figure 11 - Frédéric LETELLIER arborant pour l'occasion sa tenue militaire avec sa compagne Blandine (Grand Dôme de Villebon-sur-Yvette - Septembre 2005)

En parallèle de mon emploi, j’ai poursuivi une formation au CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) et j’ai notamment obtenu un titre RNCP niveau 2 en informatique, ainsi qu’un titre RNCP niveau 2 en instrumentation mesures. Je souhaitais faire un mémoire d’ingénieur mais il n’était pas possible que je le fasse à l’ENSTA et c’est la raison pour laquelle, je suis parti en 2007.

J’ai ensuite passé un concours du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et j’ai intégré le LCPMR (Laboratoire de Chimie Physique - Matière et Rayonnement) qui était une UMR (Unité Mixte de Recherche) entre le CNRS et l’Université Paris 6 (Pierre et Marie Curie).

Au bout d’un an, j’ai fait le choix de passer un concours du CNRS et c’est ainsi qu’au début de l’année 2009, j’ai intégré le laboratoire de recherche où je suis actuellement en poste.

Pour finir, as-tu d’autres centres d’intérêts ?

Depuis 2018, je m'implique beaucoup dans le projet de loi bioéthique et je rencontre des députés et sénateurs. A certaines périodes, il arrive que des gens s'étonnent de mon absence sur Internet mais c'est souvent lié à une période intense de la loi bioéthique. J'attends avec impatience que ce projet de loi soit définitivement adopté car cela me prend beaucoup de temps.

Figure 12 - Frédéric LETTELIER en compagnie de la sénatrice Muriel JOURBA rapporteure de la loi bioéthique (Sénat - 19 Novembre 2019)

(A suivre…)

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