
Une puissance moderne dans un écrin vintage
Le Retro X5 embarque le processeur AMD Ryzen AI 9 HX 370, une puce Strix Point dotée de 12 cœurs et 24 threads répartis entre quatre cœurs de performance Zen 5 et huit cœurs d'efficacité Zen 5c, capables d'atteindre 5,1 GHz en mode turbo. La partie graphique repose sur un iGPU Radeon 890M en architecture RDNA 3.5 avec 16 unités de calcul fonctionnant jusqu'à 2,9 GHz. Cette configuration devrait permettre de faire tourner des jeux récents dans des conditions correctes, même si le positionnement du produit vise davantage l'émulation et le jeu rétro.
L'appareil intègre également un NPU XDNA 2 offrant jusqu'à 50 TOPS de puissance de calcul pour les tâches d'intelligence artificielle locales. Le TDP configurable du processeur s'étend de 15 à 54W, ce qui devrait permettre à cette machine de bureau de fonctionner dans la partie haute de cette plage thermique, contrairement aux ordinateurs portables généralement plus contraints.
Des visuels suspects et un design à risque juridique
Prudence toutefois : les images de présentation du Retro X5 semblent avoir été générées par intelligence artificielle, comme en témoignent certaines aberrations graphiques visibles sur les textes du boîtier. En l'absence de photographies du produit final, il convient de rester prudent quant au design définitif qui pourrait encore évoluer avant la commercialisation.
La ressemblance frappante avec la NES soulève également des interrogations juridiques. Nintendo s'est historiquement montré très protecteur de ses designs iconiques et pourrait ne pas tolérer cette appropriation esthétique, même si le produit n'est pas une console de jeu à proprement parler. Il existe certes des précédents comme le NESPi Case + pour Raspberry Pi, commercialisé depuis plusieurs années sans encombre, mais le géant japonais pourrait réagir différemment face à un produit commercialisé à plus grande échelle par un fabricant établi. La frontière entre hommage nostalgique et contrefaçon de design reste ténue, et Acemagic pourrait se voir contrainte de modifier substantiellement son esthétique si Nintendo décidait d'intervenir.
Une connectique généreuse et un système dédié au rétrogaming
La façade du Retro X5 présente un port USB-C, deux ports USB Type-A, une prise audio jack 3,5 mm et un bouton d'alimentation rouge. Acemagic promet une connectivité étendue avec mémoire et stockage extensibles, plusieurs sorties vidéo et connectivité à haut débit, laissant espérer la présence de deux emplacements SODIMM, de slots M.2 pour SSD, de ports HDMI, DisplayPort, USB4 voire OCuLink, ainsi qu'Ethernet et Wi-Fi/Bluetooth intégrés.
Le fabricant annonce une interface logicielle baptisée RetroPlay Box, conçue comme "une solution tout-en-un créée pour simplifier le jeu classique". Cette plateforme pourrait s'appuyer sur Windows 11 ou, plus probablement pour réduire les coûts, sur un système Linux comme SteamOS ou Batocera, à l'image de ce qui existe déjà sur d'autres machines d'émulation. Des fonctionnalités d'IA sont évoquées, incluant recommandations de jeux, traductions automatiques et assistance au gameplay, exploitant le NPU intégré pour un fonctionnement local sans dépendre de services cloud.
Une stratégie inspirée par Ayaneo
Cette approche n'est pas totalement inédite. Le constructeur Ayaneo avait déjà emprunté cette voie en lançant des mini-PC au design nostalgique, notamment des machines inspirées du Macintosh d'Apple. Acemagic s'inscrit dans cette tendance qui vise à capitaliser sur la nostalgie des joueurs tout en offrant des performances adaptées aux usages contemporains, qu'il s'agisse d'émulation de systèmes classiques ou de jeux indépendants modernes.
Le marché des mini-PC s'est considérablement densifié ces dernières années, rendant la différenciation difficile pour les fabricants. En adoptant un design aussi reconnaissable que celui de la NES, Acemagic prend un pari audacieux mais risqué. La communauté des amateurs de mini-consoles hackées et d'émulation rétro observe avec un mélange d'enthousiasme et d'inquiétude cette initiative qui pourrait aussi bien devenir un succès commercial qu'un échec juridique.
Aucune information sur le prix ou la date de sortie n'a été communiquée. Acemagic devrait lever le voile sur ces détails lors du CES 2026 qui se tiendra du 6 au 9 janvier à Las Vegas, occasion idéale pour découvrir si le produit final tiendra ses promesses et si son design aura survécu aux éventuelles objections légales.
Sources : Tom's Hardware, Minimachines.
Tags : Acemagic - Retro X5