
Commodore International ajoute un accessoire à son catalogue renaissant : le TAC-2, joystick emblématique des années 1980, revient en précommande pour une livraison annoncée au 20 octobre 2026. La société dirigée par Christian Simpson a choisi la reproduction fidèle plutôt que la relecture, au risque d'un décalage assumé avec les standards actuels.
Un standard des années 1980
Fabriqué par Suncom, le TAC-2 s'était imposé auprès des possesseurs de Commodore 64 et d'Atari pour une raison simple : il résistait, là où la concurrence rendait l'âme après quelques parties acharnées. Deux boutons, un manche court, une base large et une mécanique sans électronique superflue avaient suffi à en faire une référence. Le modèle a connu une seconde vie discutable en accompagnant le C64 Mini, dans une version dont la fragilité avait été largement relevée à l'époque.
La nouvelle mouture assume la filiation sans chercher à la moderniser. Le constructeur revendique d'être « resté fidèle à l'original, sans ajouter une myriade de boutons », un choix qui tranche avec la surenchère habituelle sur ce segment. Cinq coloris sont proposés : BASIC Beige, C= White, Knight Black, un Starlight translucide et une édition dorée Gold Starlight.




Fidèle à l'original, sauf sur la solidité
Les modifications portent exclusivement sur l'endurance. L'axe central abandonne la pièce en cuivre d'origine au profit d'un montage en acier renforcé, et le câble passe à deux mètres, correction bienvenue pour qui joue à distance d'un téléviseur. Le fabricant annonce un mécanisme éprouvé sur trois millions de mouvements.
La connectique, en revanche, s'en tient au format neuf broches hérité d'Atari, sans port USB annoncé. Le périphérique s'adresse donc au matériel d'époque et aux machines qui en reprennent la norme, à commencer par le Commodore 64 Ultimate commercialisé par la marque. Les possesseurs de TheC64 et de ses déclinaisons, qui fonctionnent en USB, resteront sur le carreau sans adaptateur.
Des frais de port qui ont fait tousser
Le tarif du joystick reste raisonnable : 43,38 euros pour les modèles standard, soit 37 livres ou 49,99 dollars, et 55,54 euros pour l'édition dorée. C'est la facture finale qui a déclenché la fronde. À l'ouverture des précommandes, taxes et livraison comprises, l'addition oscillait entre 82 et 99 dollars pour les acheteurs britanniques et européens. « Les frais de port coûtent pratiquement le prix du joystick », résumait un commentaire relayé sur les réseaux sociaux.
La réaction n'a pas tardé : la société a ramené l'expédition à 19 dollars forfaitaires dans le monde entier et pris à sa charge les droits de douane américains. Un ajustement qui rend l'offre défendable, mais qui illustre les difficultés d'une marque relancée à gérer une distribution internationale depuis zéro.
L'annonce s'inscrit dans une séquence chargée pour Commodore, entre le lancement du C64 Ultimate, sa déclinaison Slimline et les accords conclus autour de la marque Amiga. Elle croise aussi une tendance plus large : Retro Games a récemment remis en circulation la QuickShot II en l'incluant dans son édition collector du Spectrum. Les manches à balai des années 1980 reviennent donc par deux portes différentes, avec la même question en suspens, celle de la durabilité réelle de ces rééditions face à des originaux qui ont, eux, traversé quarante ans.
Sources : MO5 Mag
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