Defender of the Crown revient 40 ans après avec un mode inédit

Le classique de Cinemaware ressort sur PC, PS5 et Xbox en trois modes : version Amiga d'origine, relecture graphique et campagne inédite à base de cartes et de dés.
publié le 14 août 2026

Quarante ans après sa sortie, Defender of the Crown revient sous le titre The Legend Returns. Développée par Black Tower Basement avec Nordcurrent Labs, cette réédition est disponible sur PC via GOG et Steam, ainsi que sur PlayStation 5 et Xbox, à 17 euros. Elle propose trois façons distinctes d'aborder le même jeu, dont une campagne entièrement nouvelle.

Trois façons de reprendre l'Angleterre

Le mode Rétro donne accès à la version Amiga de 1986 dans sa forme d'origine, assortie de quelques commodités : filtres d'affichage simulant un tube cathodique selon plusieurs réglages, ou rendu brut sans traitement. Rien n'a bougé côté contenu, de la conquête des territoires aux assauts de château, en passant par les rencontres avec Robin des Bois et les duels à la catapulte.

Le mode Classique reprend la même structure en la reliftant intégralement, graphismes et bande sonore compris. La carte d'Angleterre et les portraits de personnages y conservent le style si particulier du jeu d'origine tout en gagnant en définition, un équilibre jugé réussi dans une vidéo de prise en main publiée le jour de la sortie. Le verdict est plus réservé sur l'attaque du château et le tournoi, deux des rares séquences dont les décors ont été modifiés : les jeux de lumière nocturnes qui faisaient la réputation de la version Amiga y perdent en éclat.

Le mode Royaume, deck et dés

C'est le troisième mode qui justifie l'opération. Le mode Royaume abandonne le mini wargame d'origine au profit d'un système de cartes teinté de roguelike. Les quatre mêmes seigneurs restent sélectionnables, mais dotés cette fois de caractéristiques propres : Cedric de Rosewood, présenté comme un meneur né, autorise ainsi un ordre supplémentaire en combat. Chaque personnage dispose d'un capital de points de vie matérialisé par des cœurs, la partie s'achevant après quatre défaites.

Les affrontements se résolvent aux dés, complétés par un deck de tactiques et par des reliques, cartes spéciales récupérées au fil des victoires. Le total de points départage les belligérants. La carte d'Angleterre est découpée en territoires plus petits qu'à l'origine et masquée par un brouillard de guerre au-delà des frontières contrôlées, ce qui impose une progression prudente. Si les premières conquêtes se règlent sans difficulté, l'élimination d'un seigneur adverse relève d'un autre niveau d'exigence. Les cartes sont générées procéduralement et plusieurs degrés de difficulté sont proposés, de quoi renouveler les parties là où l'original tournait vite en rond. Le tournoi et Robin des Bois sont conservés, transposés dans la même grammaire de dés.

Un patrimoine que Cinemaware exploite depuis longtemps

Sorti en 1986 sur Amiga avant d'essaimer sur DOS, NES, Atari ST, Amstrad CPC, Commodore 64, Macintosh, Apple IIGS et CD-i, Defender of the Crown avait posé les bases de ce que Cinemaware appelait le jeu de stratégie cinématographique. Le studio fondé par Robert et Phyllis Jacob a depuis multiplié les tentatives de retour, entre le remake de Rocket Ranger et les réexploitations successives d'It Came From the Desert, avec des fortunes diverses.

Cette réédition se distingue sur un point rarement acquis : l'intégralité du jeu, tous modes confondus, est traduite en français. Reste que les joueurs ayant connu la version d'époque trouveront sans doute plus de satisfaction dans le mode Rétro que dans sa relecture, la nouveauté se logeant du côté du mode Royaume. Ceux qui préfèrent retrouver l'original sans passer par la caisse peuvent d'ailleurs se tourner vers l'émulation Amiga dans le navigateur, mais ils manqueront alors la seule partie réellement inédite de l'ensemble.

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Sources : Indie Retro News, GOG

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