
La PlayStation 5 vient de gagner l'une des briques les plus attendues de sa scène homebrew. Le développeur Mihawk a publié PS5 RetroArch Alpha 1, un portage natif du célèbre front-end d'émulation, capable de faire tourner cinq systèmes rétro directement sur la console de Sony, sans passer par le streaming ni par une machine tierce.
RetroArch débarque en natif sur PS5
Estampillée v0.1.0-alpha.1, cette première mouture publique fait tourner RetroArch à même le matériel de la PS5. L'interface est fonctionnelle, les manettes sont reconnues, et le rendu vidéo s'appuie sur Vulkan via le projet PS5_Vulkan — un choix logique tant l'API graphique colle bien à l'architecture de la console. Les habitués retrouveront leurs repères avec les interfaces XMB et RGUI, le remappage des contrôles, l'audio stéréo, le chargement des jeux et la sauvegarde des configurations. Un mode de repli sur le processeur est prévu lorsque le rendu Vulkan n'est pas disponible.
Cette sortie ne s'adresse toutefois pas à n'importe quelle console. Le portage exige une PS5 capable d'exécuter du homebrew, un accès FTP et un launcher adapté — autrement dit une machine dont la sécurité a été ouverte. L'auteur ne détaille pas la méthode d'exploitation employée, la scène du jailbreak PS5 restant, à ce stade, cantonnée à certaines révisions de firmware. Côté installation, la marche à suivre est classique pour qui connaît la bidouille console : copier le dossier PPSA99169 dans /data/homebrew/PPSA99169/, déposer les ROMs dans le répertoire de contenu, et prévoir des dossiers distincts pour les BIOS et les sauvegardes.
Cinq cores pour couvrir l'âge d'or 8 et 16 bits
L'Alpha 1 embarque une sélection resserrée mais cohérente de cinq cores d'émulation. FCEUmm prend en charge la NES et la Famicom, Snes9x s'occupe de la Super Nintendo, tandis que mGBA couvre toute la lignée portable de Nintendo : Game Boy, Game Boy Color et Game Boy Advance. Du côté de Sega, Genesis Plus GX gère un large éventail — Mega Drive, Master System, Game Gear, SG-1000 et Sega CD. Enfin, FinalBurn Neo ouvre la porte à une partie de l'arcade compatible.
Ce panel dessine clairement le périmètre du projet à ce jour : les systèmes 8 et 16 bits, ceux qui demandent le moins de ressources et posent le moins de problèmes de compatibilité. La puissance de la PS5 n'est ici sollicitée qu'à la marge, ce qui laisse entrevoir un potentiel bien plus vaste à mesure que le portage mûrira.
Un premier jet aux nombreuses limites
Le terme « Alpha » n'est pas galvaudé. Plusieurs fonctions majeures manquent à l'appel : ni jeu en réseau (netplay), ni RetroAchievements, et aucune trace pour l'instant des cores les plus gourmands comme PPSSPP (PSP), l'émulation Nintendo 64 ou Dolphin (GameCube/Wii). La compatibilité des jeux, les save states, le fonctionnement des BIOS et la lecture des supports CD restent à éprouver au cas par cas. Rien d'inhabituel pour une première pierre, mais de quoi tempérer les attentes.
Reste que la démonstration est là : RetroArch tourne nativement sur PS5, et l'ouverture du code de tels projets promet une progression rapide. Les curieux disposant d'une console compatible peuvent récupérer l'archive sur le dépôt GitHub du projet PS5_RetroArch.
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