Entex Adventure Vision - tu es si fragile !

L'Entex Adventure Vision est une console de jeux vidéo à cartouches intégrant un moniteur vidéo. Avec son écran fragile et ses minces capacités, elle est une étoile filante atypique qui a traversé les années 82 - 83 sans laisser beaucoup de jeux derrière elle. Mais la console reste d'un grand intérêt pour son affichage mécanique très original.

Produite par Entex Industries et commercialisée à partir de 1982, l'Adventure Vision est la seconde console conçue par cette entreprise basée à Compton en Californie et qui était la concurrente naturelle de Mattel et Coleco. L'Adventure Vision succède non seulement à un grand nombre de petits jeux électroniques à LED de la firme, mais aussi à la Select-A-Game, une console portable à affichage fluorescent sortie un an plus tôt en 1981.

Le concept de la machine a été inventé par Robert McCaslin, un ingénieur spécialisé dans le jouet qui a également déposé de nombreux brevets concernant des systèmes lumineux (affichage de lumière par fibre optique en 1978, appareil pour générer des dessins lumineux en 1980...). Le design original de la console est quant à lui attribué à Ortega Orr, tandis que le système a été architecturé et programmé par Steve Meadows (sauf pour le chipset sonore élaboré par Larry Karr et Andy Barber).

Au cours du développement de la machine, trois prototypes ont été échafaudés :

  • le premier d'entre eux propose un concept d'écran avec un balayage mécanique contrôlé par un ordinateur Apple II
  • le second concept de la console est construit sur la base de deux microprocesseurs COPS travaillant en parallèle, mais dont les performances étaient insuffisantes. Ils étaient beaucoup trop lents pour mettre à jour l'affichage dans les 8 milli secondes disponibles lors de la rotation du miroir...
  • le troisième prototype est basé sur le microprocesseur Intel 8051, et, dans la version finale, ce sera l'Intel 8048 qui sera utilisé

Difficile, voire impossible de retrouver aujourd'hui sur les étales des brocantes cette concurrente de la Vectrex et pour cause, son existence fut très brève (50.000 exemplaires vendus aux USA jusqu'en 1983) et les exemplaires qui restent encore aujourd'hui fonctionnels sont d'une fragilité extrème. Au point que, vendue 80$ à sa sortie, l'Entex Adventure Vision paraît hors de prix de nos jours (atteignant parfois 4000$). Raison pour laquelle elle est devenue une sorte de Graal pour les collectionneurs les plus chevronnés...

Malgré de faibles performances graphiques et sonores, cette console restera en effet dans l'histoire videoludique pour ses particularités matérielles : pourvue d'un joystick central et de boutons situés à droite et à gauche de celui-ci, l'Adventure Vision propose surtout un affichage mécanique assez unique qui la démarque des autres consoles nécessitant un écran TV


Premier prototype de l'Adventure Vision, conçu et construit pendant un long week-end en 1982 selon Robert McCaslin

Fiche technique - (voir le pdf technique)

  • Processeur: Intel 8048 cadencé à 733 kHz
  • Son: National Semiconductor COP411L cadencé à 52.6 kHz
  • Mémoire vive: 64 bytes (interne au 8048), 1K (principalement sur le Circuit imprimé)
  • Mémoire morte: 1K (interne au 8048), 512 bytes (interne au COP411L), 4K (cartouche)
  • Input: joystick à 4 axes, avec 4 boutons dupliqués sur chaque cotés du joystick
  • Graphismes: 150x40 pixels monochromes

Ce procédé est élaboré autour d'une ligne verticale de 40 diodes lumineuses rouges et d'un miroir à deux faces qui tourne rapidement afin de créer l'illusion de mouvement sur une surface noire et rouge de 150 x 40 pixels. Un vilain effet de "bourdonnement" de l'image ajoute à l'inconfort général de jeu. Une technique qui inspirera pourtant Nintendo dans les années 90 pour son système Virtual Boy, avec le succès que l'on connaît.


Le laboratoire où a été conçue l'Adventure Vision

Le principal inconvénient de l'Adventure Vision tient principalement à son écran monochrome, ainsi qu'au moteur du miroir, qui vide rapidement la puissance des piles. Pour palier ce problème, il convient d'utiliser l'adaptateur, tout aussi fragile que le reste et quasiment introuvable de nos jours...

Seulement 4 jeux eurent le temps de grossir son catalogue famélique en à peine 1 an de commercialisation :

  • Defender, inspiré du jeu d'arcade de Williams Electronics du même nom
  • Super Cobra, imitation du jeu d'arcade de Konami
  • Turtles, similaire à PAc-Man et basé sur le jeu d'arcade de Konami
  • Space Force, un clone du jeu Asteroids d'Atari

Coté émulation le système est supporté par l'émulateur MESS. Mais c'est surtout AdViEmulator v1.1 codé par JustBurn qui est le seul émulateur dédié spécifiquement à l'Adventure Vision. Il s'agit ici d'une version non officielle sortie en mai 2013, dont le son a été corrigé par sy2002 et qui dispose de capacités de débugging. Il est possible de glisser/déposer la rom directement dans la fenêtre de jeu et vous pouvez ajuster la vitesse d'émulation en ajustant la taille du tampon sonore dans les réglages.  

Coté homebrew, seule une vidéo (à visionner au bas de l'article) diffusée le 31 Mars 2013 atteste d'une démo sous forme de ROM unique.

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