
Le Virtual Boy aura eu une carrière si brève que certains de ses jeux terminés n'ont jamais atteint les rayons. Retirée du marché en 1996, à peine un an après son lancement, la machine stéréoscopique de Nintendo laissait derrière elle une poignée de développements achevés et remisés. Trente ans plus tard, deux d'entre eux sortent du placard : Zero Racers et D-Hopper ont rejoint le catalogue Nintendo Classics le 4 août 2026, portant à dix-sept le nombre de titres Virtual Boy accessibles sur Nintendo Switch.
Zero Racers, le F-Zero que personne n'a piloté
Le premier est de loin le plus intrigant. Zero Racers est une déclinaison de F-Zero conçue en interne chez Nintendo pour la console rouge et noire, et il ne s'agit ni d'un prototype ni d'une démonstration technique : le jeu est complet, avec ses modes Grand Prix, Entraînement et Contre-la-montre, et quinze circuits. Le principe exploite précisément ce que la machine savait faire de mieux. Les engins filent dans des tunnels tracés en fil de fer, non plus seulement de gauche à droite mais sur toute la circonférence du boyau, ce qui ajoute un axe de pilotage absent des autres épisodes de la série.
La lisibilité y gagne ce que le décor perd en densité : des lignes rouges sur fond noir, une esthétique de viseur de cockpit qui doit autant aux contraintes du matériel qu'à un parti pris. La rédaction de Nintendo Life lui a attribué la note de 8 sur 10.
Dragon Hopper, l'aventure oubliée d'Intelligent Systems
Le second, listé D-Hopper sur le service mais connu de longue date sous le nom de Dragon Hopper, relève d'un tout autre registre. Développé par Intelligent Systems, futur artisan des Advance Wars et des Paper Mario, il met en scène le prince dragon Dorin, chassé du royaume céleste par un ministre rebelle et précipité dans les profondeurs. Le titre était lui aussi terminé en 1996.
Selon Nintendo Power, Nintendo avait envisagé cette année-là une relance du Virtual Boy à l'automne, opération pour laquelle ces deux jeux étaient vraisemblablement destinés. La relance n'a jamais eu lieu, la console a été abandonnée, et les cartouches sont restées dans les tiroirs.
Le ticket d'entrée reste le même
L'accès n'a rien changé depuis l'ouverture du service en février 2026 : un abonnement Nintendo Switch Online assorti du Pack additionnel, et surtout l'un des accessoires vendus séparément, réplique en plastique ou support en carton, ce dernier faisant actuellement l'objet d'une remise. Une mise à jour accompagne toutefois l'arrivée des deux jeux, et elle n'est pas anecdotique pour qui supporte mal le monochrome d'origine : une pression maintenue sur le stick droit combinée aux gâchettes L et R fait défiler les teintes d'affichage, le vert notamment, et permet de se débarrasser du filtre rouge tenu pour responsable d'une bonne partie des maux de tête de l'époque.
Sur les vingt-deux jeux commercialisés en son temps, quatorze seulement étaient parus en Amérique du Nord. Le catalogue proposé aujourd'hui dépasse donc largement ce que la machine offrait de son vivant sur ce territoire — situation cocasse pour une console dont l'échec tient précisément à ce qu'elle n'a jamais eu le temps d'exister. Pour qui préfère se passer d'abonnement, l'émulateur Red Viper sur Nintendo 3DS couvre de son côté l'intégralité de la ludothèque, relief compris.
Sources : MO5, Nintendo Life, GoNintendo, Retro Dodo
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