
La sortie devait célébrer une série culte du début des années 1990. Elle s'ouvre sur une polémique. The James Pond Legacy: The Pond Is Not Enough, compilation annoncée par System 3 pour octobre 2026, voit ses visuels promotionnels accusés par une partie des joueurs d'avoir été produits par intelligence artificielle générative. L'éditeur dément formellement.
Douze versions de quatre jeux
Le contenu de la compilation, lui, ne prête pas à discussion. Quatre titres sont réunis, chacun décliné en plusieurs moutures d'époque : James Pond: Underwater Agent paru en 1990, James Pond 2: Codename RoboCod en 1991, The Aquatic Games Starring James Pond and the Aquabats en 1992 et James Pond 3: Operation Starfish en 1993. Les versions Amiga 500, Mega Drive, Super Nintendo et Commodore 64 portent le total à douze jeux émulés.
La sortie est annoncée sur PC, PlayStation 5, Xbox et Nintendo Switch 2. Le poisson agent secret imaginé par Chris Sorrell avait connu son heure de gloire avec le deuxième épisode et sa combinaison extensible, l'un des platformers les plus diffusés de la génération 16 bits.
Une bande-annonce qui passe mal
Le litige porte exclusivement sur la vidéo de présentation et l'illustration de couverture. Plusieurs joueurs y ont relevé des détails qu'ils estiment caractéristiques d'une génération automatisée, à commencer par un élément du personnage robotisé : la poignée de bouteille de lait, présente sur le dessin d'origine, s'y transforme en canon de bras générique, incohérence typique d'un modèle qui interprète une forme sans en comprendre la fonction.

System 3 réfute catégoriquement. « Aucune IA générative n'a été utilisée pour la création des illustrations. Chaque étape est partie du graphisme James Pond authentique d'origine et a été achevée au moyen d'une illustration numérique traditionnelle, de rendu 3D et d'un travail artistique manuel », indique le communiqué de l'éditeur. La mise au point n'a pas éteint la controverse, un commentateur qualifiant la vidéo de l'une des plus dommageables jamais diffusées par l'industrie. Le débat rejoint celui qui agite d'autres pans de la scène rétro, où une controverse comparable avait provoqué la scission d'un projet Doom.
Un éditeur déjà sur la sellette
La méfiance ne naît pas de rien. System 3 avait essuyé des reproches identiques lors de l'annonce des quarante ans de Dropzone, le jeu d'Archer Maclean, ce qui a nourri le soupçon dès la publication des premières images de la compilation.
La licence elle-même traîne un passif chargé. Une campagne de financement participatif lancée en 2013 pour relancer la série n'avait pas abouti, et des projets ultérieurs portés par le studio Gameware, mettant en avant l'intelligence artificielle, avaient été critiqués par Chris Sorrell, créateur du personnage. L'éditeur est par ailleurs engagé dans un différend sur la marque avec Danjaq, société qui détient les droits de James Bond, dont le nom du poisson constitue un décalque assumé depuis 1990.
Reste la compilation, dont les versions émulées semblent respecter les jeux d'origine. C'est l'emballage, et lui seul, qui fait aujourd'hui l'objet du procès.
Sources : MO5 Mag
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