
Et si la version Super Nintendo de Fatal Fury avait droit à une seconde chance ? C'est l'ambition de Fatal Fury Re-Bout, un hack signé Scandy et publié sur Romhacking.net. Sans transformer le jeu, il polit une conversion fidèle mais inachevée du jeu de combat de SNK, pour la rapprocher de l'original Neo Geo. Mêmes combattants, mêmes coups et mêmes adversaires : tout le reste a été revu en coulisses.
Les cinématiques de la Neo Geo restaurées
La version Super Nintendo souffrait de nombreux défauts : un anglais approximatif, des cinématiques manquantes, des coups spéciaux muets, des bruitages sommaires, des commandes trop strictes et des décors figés. Re-Bout exploite les capacités de la console, du Mode 7 aux effets HDMA en passant par la transparence, et puise dans les graphismes de la version Neo Geo pour combler ces manques.
L'introduction profite d'une musique inutilisée dans le jeu d'origine et du portrait de Geese Howard issu de la version Neo Geo. Le logo, autrefois granuleux et limité à 16 couleurs, a été redessiné en 64 couleurs et arrive en tournoyant grâce au Mode 7. Après chaque victoire, l'adversaire vaincu apparaît désormais aux côtés du vainqueur, le visage tuméfié, d'après les portraits Neo Geo redessinés pour la Super Nintendo. Geese apparaît aussi dans son fauteuil entre les combats, et l'enlèvement des héros par ses hommes de main est illustré pour Terry, Andy et Joe.
Le moment fort reste la chute de Geese Howard. Le jeu original se contentait d'un texte. Re-Bout la met en scène en Mode 7 : la ville vue du sommet de la Geese Tower se rapproche en tournant, avant qu'un écran noir ne coupe net le cri du boss, suivi d'un lourd grondement. Les textes ont été corrigés, certaines répliques revues d'après la version japonaise, et la fin complète, avec épilogue et générique, est désormais accessible dès le niveau de difficulté 3, celui par défaut, contre le niveau 4 auparavant. L'animation de victoire de Michael Max, qui se signe en version japonaise, retrouve aussi sa place.




Plus de son, des décors vivants et des commandes plus souples
Les coups spéciaux, jusqu'ici muets pour la plupart, gagnent des bruitages de lancement et d'impact, sur un canal audio dédié pour ne pas être coupés par les voix. Les bips de l'écran bonus cèdent la place à des arpèges plus éclatants. Les décors s'animent : les vagues de Sound Beach ondulent ligne par ligne grâce au HDMA, des éclairs et le tonnerre accompagnent l'orage chez Tung Fu Rue, et les arbres hantés du stage de Raiden s'animent d'yeux rouges et de bouches rougeoyantes.
Le gameplay, lui, n'est retouché qu'à la marge. Dans le jeu d'origine, le bouton d'attaque devait être pressé exactement à la même image que la dernière direction d'une commande, ce qui rendait certains coups presque impossibles, comme le Body Spin d'Andy. Re-Bout accorde une fenêtre d'environ un douzième de seconde, sans changer les manipulations. Le temps de récupération d'un demi-seconde après chaque coup spécial, absent sur Neo Geo, a été presque entièrement supprimé, pour le joueur comme pour l'ordinateur. Enfin, la conversion en FastROM réduit d'environ 10 % les temps de chargement avant chaque combat, et la ROM passe de 1,5 à 2 Mo.
Un hack écrit par l'IA
Le projet a une particularité : selon son avertissement, il a été développé en « vibe coding » avec Claude Opus 5.5, le modèle d'Anthropic, avec très peu d'intervention humaine dans le code lui-même. Une démarche qui alimente le débat en cours sur la scène rétro, où plusieurs communautés ont commencé à encadrer les jeux générés par IA. Le hack s'appuie aussi sur des travaux humains, crédités : l'article « Fatally Slow Fury » de Nicole Express pour la conversion FastROM, les planches graphiques extraites de la version Neo Geo par Magma MK-II et Kilburto, et les recherches du Mad SNK Project sur les différences entre les versions.
Le hack se présente sous la forme d'un patch IPS à appliquer sur sa propre copie de la version américaine du jeu. Il a été testé sur les émulateurs Snes9x et Mesen, mais pas encore sur une vraie console, qui nécessitera une cartouche flash compatible FastROM. La série de SNK n'en finit pas d'inspirer, des adaptations MUGEN au beau livre de 468 pages de Bitmap Books, tandis que la Super Nintendo voit d'autres classiques revisités, comme Mega Man 2 passé en 16 bits. D'autres projets sont à retrouver sur la page Fatal Fury.
Source : Romhacking.net
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