
Voilà une nouvelle que les amigaïstes n'attendaient plus. Après des années de procédures croisées, Hyperion Entertainment BV et Amiga Corporation ont accepté de suspendre leurs actions en justice pour s'asseoir autour d'une même table de négociations. Une « pause juridique » saluée par l'ensemble de la communauté, accompagnée d'un geste concret : le retour d'AmigaOS 3.2 dans les canaux de distribution digitale. L'information, rapportée par Generation Amiga en mars 2026 et relayée par le magazine francophone Obligement, ouvre une période d'accalmie dans l'un des conflits de licences les plus durables de l'histoire du jeu vidéo.
Un conflit qui remonte à 2009
Pour comprendre l'importance de cette détente, il faut remonter à l'accord de 2009, qui avait attribué à Hyperion Entertainment des droits spécifiques pour développer et distribuer AmigaOS au-delà de la version classique 3.1. Avec le temps, les deux parties ont développé des interprétations divergentes de cet accord, notamment sur la portée exacte des mises à jour autorisées pour les machines Amiga d'origine. Le contentieux s'est alors enlisé dans une série de procédures juridiques aux États-Unis et en Belgique, où est basée Hyperion, paralysant l'évolution officielle de la plateforme pendant plus d'une décennie.
Dans cet intervalle, la communauté a continué de vivre et d'innover — avec des projets comme le système WinUAE, les distributions AROS ou les cartes FPGA pour MiSTer — mais l'incertitude juridique pesait sur chaque décision officielle. Les développeurs de Cloanto (éditeur d'Amiga Forever) et de Hyperion naviguaient à vue, dans un paysage où chaque mise à jour pouvait déclencher une nouvelle salve de plaintes.
AmigaOS 3.2 de retour, 3.3 en développement
L'effet le plus visible de cette détente est la remise en ligne d'AmigaOS 3.2 pour les machines à processeur Motorola 68000. Cette version, initialement publiée en 2021, apportait des améliorations notables au WorkBench, des outils système actualisés et une meilleure gestion des disques et de l'interface utilisateur. Sa disponibilité en téléchargement légal évite désormais aux utilisateurs de chercher un CD-ROM physique, devenu rare sur le marché secondaire.
Hyperion Entertainment BV et Amiga Corporation acceptent de mettre fin à la procédure judiciaire. Hyperion Entertainment BV et Amiga Corporation ont conclu des accords temporaires pour mettre fin à leurs procédures judiciaires en cours et permettre aux deux parties de mieux s'engager dans les négociations de règlement et de travailler à une solution. Dans le cadre de ces accords, Hyperion Entertainment BV mettra AmigaOS 3.2 disponible sous forme numérique. Facebook
Autre bonne nouvelle : AmigaOS 3.3 est en développement et sa sortie serait prévue pour courant 2026, signe que Hyperion n'a pas abandonné son travail sur la plateforme classique malgré les turbulences. Les deux parties affirment désormais partager un même objectif : « soutenir la communauté Amiga et l'évolution continue du système d'exploitation ». Les termes exacts d'un futur accord final n'ont pas été rendus publics, mais la simple interruption des hostilités suffit à relancer l'optimisme.
Un écho à la guerre des marques Commodore
Cette détente intervient dans un paysage juridique particulièrement agité pour l'écosystème Commodore. Rappelons que, parallèlement, une bataille de marques oppose le Britannique Christian Simpson (alias Perifractic, animateur de la chaîne Retro Recipes) à la société italienne Commodore Industries S.r.l. dirigée par Luigi Simonetti. Simpson, qui a hypothéqué sa maison pour financer le rachat de la marque Commodore, a lancé le Commodore 64 Ultimate, une machine FPGA basée sur un AMD Xilinx Artix-7, qui a généré plus de 2 millions de dollars de précommandes. Commodore Industries, de son côté, affirme détenir légalement les marques « C= Flag COMMODORE » enregistrées en Europe depuis 2019.
Que les deux conflits majeurs de l'écosystème Commodore/Amiga évoluent en parallèle n'est probablement pas un hasard. La pression de la communauté, l'érosion des positions historiques et l'arrivée de projets FPGA ambitieux forcent les acteurs à reconsidérer une stratégie juridique devenue contre-productive. Pour l'instant, rien n'est signé définitivement entre Hyperion et Amiga Corporation — il s'agit d'une pause, pas d'un traité de paix. Mais elle suffit à rappeler qu'au-delà des batailles d'avocats, l'héritage Amiga reste un bien vivant, entre les mains d'une communauté qui n'a jamais cessé de le porter.
Sources : Obligement, Generation Amiga
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