
L'aventure de l'Atari VCS touche à sa fin. Dans un communiqué daté du 23 octobre 2026, Atari annonce l'arrêt du support de sa console néo-rétro. La boutique en ligne de la machine fermera ses portes le 1er février 2027. L'éditeur le reconnaît : « We recognise that this is unwelcome news », tout en estimant que la VCS a gagné « its rightful spot alongside the many console platforms Atari has launched over the past 50-plus years ».
Une console rendue autonome
Atari ne laisse pas pour autant les possesseurs de la machine sans solution. Une mise à jour du système doit transférer toutes les fonctionnalités sur la console elle-même, pour supprimer sa dépendance aux serveurs d'Atari, qu'il s'agisse de l'authentification ou des logiciels. L'application Atari Home Brew sera par ailleurs ouverte à tous les utilisateurs, afin que les développeurs puissent continuer à créer pour la machine. Un guide de migration est promis pour le début de l'année 2027.

Une renaissance contrariée
L'histoire de la VCS commence en 2017, lorsque Atari dévoile à l'E3 un projet baptisé « Ataribox », qui devient l'Atari VCS en 2018. Présentée à la GDC la même année, la console réunit environ 3 millions de dollars auprès de 8 471 contributeurs sur Indiegogo. Après plusieurs reports, les premiers exemplaires sont livrés aux contributeurs en décembre 2020, avant une sortie commerciale en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande en juin 2021. L'Europe n'a jamais eu droit à une commercialisation officielle.
Sous des lignes qui évoquent l'Atari 2600 de 1977, la machine cache une architecture de PC : un processeur AMD Ryzen R1606G doté d'une puce graphique Radeon Vega 3, 4 ou 8 Go de mémoire selon le modèle, et un système maison, AtariOS, basé sur Linux. Elle est livrée avec un joystick inspiré du célèbre CX40 et une manette moderne, et propose un catalogue de classiques Atari ainsi qu'un mode PC. Ce positionnement hybride a laissé la critique perplexe : IGN lui attribue 5/10, jugeant qu'elle échoue « as a console and a PC alternative ».
Les ventes n'ont pas suivi. Selon Wikipedia, ses revenus matériels sont passés d'environ 2,44 millions de dollars en 2021 à 212 000 dollars en 2022. En 2024, le PDG d'Atari, Wade Rosen, estimait même que l'entreprise ne l'aurait pas lancée sous sa direction actuelle. Les ventes ont cessé en 2025.
Une fin de vie saluée par les joueurs
Dans les commentaires de Time Extension, l'annonce suscite moins de colère que de respect. Beaucoup de lecteurs saluent une fin de vie gérée dans les règles, loin des consoles rendues inutilisables par la fermeture de leurs serveurs. L'ouverture de la machine aux homebrews est particulièrement bien accueillie. Certains y voient la promesse d'une seconde vie, à l'image de la Jaguar, dont les droits avaient été libérés par Hasbro à la fin des années 1990 pour permettre à la communauté de continuer à développer pour elle. D'autres se demandent pourquoi toutes les consoles ne fonctionneraient pas ainsi d'emblée, entièrement en local et sans dépendre d'un service en ligne. Un lecteur résume : une machine qui ne reçoit plus de mises à jour n'est pas « morte », elle est simplement terminée.
Des questions restent en suspens. Le communiqué ne précise pas si les jeux déjà achetés pourront être sauvegardés ou conservés après la fermeture de la boutique, un point soulevé par plusieurs commentateurs. D'autres rappellent que la VCS n'a jamais été verrouillée : en tant que PC, elle peut accueillir un autre système d'exploitation, ce que le mode PC proposé par Atari permettait déjà. Les comparaisons avec la Ouya, autre console aux ambitions déçues, reviennent souvent, de même que les regrets des joueurs européens qui auraient aimé se l'offrir sans passer par l'importation.
Comme l'Amico d'Intellivision, la VCS illustre la difficulté de faire revivre une marque mythique sur le marché des consoles de salon. Elle laisse toutefois l'image d'un projet accompagné jusqu'au bout, et désormais confié à sa communauté. Les autres articles consacrés à la machine sont réunis sur la page Atari VCS.
Vous aimez notre contenu ?
Suivez-nous pour ne rien manquer !