L'Amstrad CPC s'offre un bout d'Another World

/ Le développeur Jean Aipas adapte Another World, le classique d'Éric Chahi, sur Amstrad CPC Plus 128K, en réécrivant les scripts du jeu avec l'aide de l'IA.
publié le 13 octobre 2026

Rares sont les jeux à avoir autant voyagé qu'Another World. Le chef-d'œuvre d'Éric Chahi, publié en 1991 par Delphine Software sur Amiga et Atari ST, continue d'atterrir sur les machines les plus improbables. Dernière étape en date : l'Amstrad CPC Plus, où le développeur Jean Aipas s'est lancé dans un portage encore expérimental mais déjà bien avancé.

Miser sur l'architecture du jeu

Le pari n'a rien d'absurde. Another World repose sur une machine virtuelle qui exécute des scripts, une architecture pensée dès l'origine pour faciliter les adaptations d'une plateforme à l'autre. Jean Aipas a pris pour référence le langage de scripts de la version MS-DOS de 1992, qu'il réécrit et interprète pour le viser sur un CPC Plus doté de 128 Ko, tout en retravaillant le rendu des polygones pour coller aux capacités de la machine d'Amstrad.

Le projet a démarré avec une utilitaire web conçu pour tester les scripts originaux et sonder les possibilités offertes par les polygones sur CPC. À ce stade, la partie sonore reste inachevée, et le développeur parle d'une version de test plutôt que d'une mouture définitive. L'entreprise n'en reste pas moins impressionnante pour une machine 8 bits que l'on n'attendait pas sur ce terrain. Elle rappelle à quel point le titre de Delphine Software continue de fasciner les bidouilleurs, lui qui a récemment refait surface sur Atari 8 bits et sur MSX.

L'intelligence artificielle en copilote

Particularité de ce chantier : Jean Aipas s'est appuyé sur l'assistant Claude d'Anthropic pour interpréter et réécrire les scripts d'origine. Le développeur insiste toutefois sur un point : il ne s'agit pas d'une génération automatisée livrée clé en main, mais d'un travail à quatre mains, fait de nombreuses indications, de tests répétés et de tâches de codage menées directement par ses soins. Une approche qui fait écho à d'autres portages récents assistés par IA sur la même plateforme, à l'image de Rollerball sur Amstrad CPC. Le développeur remercie par ailleurs Michel Louvet pour ses orientations.

Une version expérimentale est d'ores et déjà téléchargeable pour les curieux désireux de voir Lester Knight Chaykin faire ses premiers pas sur le micro-ordinateur anglais. Le projet s'inscrit dans la longue tradition de prouesses techniques que l'on retrouve régulièrement du côté de l'Amstrad CPC, machine décidément inépuisable quand il s'agit de repousser ses propres limites.

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