Glitch Boy : un émulateur qui corrompt les jeux NES en temps réel

/ Conçu à Turin par Melted Electronics, le Glitch Boy corrompt en direct les jeux NES et Game Boy et fait de leur puce sonore un instrument chiptune piloté en MIDI.
publié le 4 novembre 2026

Ce que les joueurs redoutaient autrefois en soufflant dans leurs cartouches devient ici un mode d'expression. Conçu par Melted Electronics, le Glitch Boy est un petit boîtier qui fait tourner des jeux NES, Game Boy et Game Boy Color pour mieux les dérégler en temps réel. Son créateur le décrit comme un instrument construit « en cassant volontairement des émulateurs NES et Game Boy ». Time Extension le résume, de son côté, en émulateur portable doublé d'un « fauteur de troubles à temps partiel ».

Deux molettes pour tout dérégler

Le principe est simple. Les jeux se chargent depuis une carte microSD, et l'image part vers un écran par une sortie vidéo composite, en NTSC ou en PAL. Deux commandes entrent alors en jeu. La première, Glitch A, s'attaque au processeur émulé : les sprites se mettent à scintiller, la musique et les bruitages se déforment. La seconde, Glitch B, vise le processeur graphique, et les sprites comme les décors se retrouvent aspirés dans un tourbillon de pixels.

Loin d'un simple filtre appliqué sur l'image, la corruption touche directement le fonctionnement de l'émulateur, ce qui rend chaque dérapage imprévisible. Le boîtier peut aussi synchroniser ces corruptions sur un rythme, reçu par son entrée audio ou en MIDI, pour transformer une partie de Mega Man en clip visuel calé sur la musique. Time Extension suggère d'ailleurs Fester's Quest pour un premier essai.

Un synthétiseur chiptune à part entière

Le Glitch Boy ne se limite pas à l'image. Piloté en MIDI, il joue directement sur la puce sonore des consoles émulées, ce qui en fait un instrument chiptune capable de jouer ses propres morceaux, eux aussi corruptibles à volonté. Un clavier MIDI peut même servir de manette, avec des commandes assignées aux touches. Deux entrées CV complètent la connectique pour l'intégrer à un studio. L'appareil existe en deux versions au même prix de 189 euros : un modèle autonome en aluminium thermolaqué, alimenté en USB, et un module au format Eurorack pour les synthétiseurs modulaires.

Le projet a d'abord fait ses preuves sur Kickstarter, où il a réuni près de 40 000 livres sterling en trente jours. Il s'inscrit dans une vague d'outils qui détournent le matériel rétro pour en faire des instruments, de SIDMIX, qui transforme le Commodore 64 en synthétiseur dans le navigateur, à Retro Song Bird, qui lit la musique des cartouches Game Boy. Le glitch y devient matière première, à l'image de ce que pratiquent depuis longtemps des artistes comme Remute sur les machines d'époque.

Conçu et fabriqué à Turin, en Italie, le Glitch Boy est en vente sur le site de Melted Electronics, avec une expédition annoncée sous deux semaines environ. Il faut fournir sa propre carte microSD, et ses propres jeux. D'autres expériences musicales sur matériel rétro sont à retrouver sur la page Chiptune.

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Sources : Melted Electronics

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