De l'art dans l'arcade ! 5 questions à... Art'Cade

J’ai découvert Art’Cade à l’occasion du financement participatif d’un jeu homebrew sur NES, un jeu qui était la prolongation de leur démarche singulière dans le milieu de la production de bornes d’arcade. Kevin G. a accepté de répondre à mes questions, alors GO !

Jean-Christophe K : Salut Kevin ! Je l’évoquais en introduction, en quoi votre démarche créative est plutôt différente de ce que l’on trouve dans le domaine de la conception de bornes d’arcade actuelles ?

Kevin : Bonjour Jean-Christophe, c’est un vrai plaisir de te retrouver ! Nous fabriquons en région parisienne des bornes de retro-gaming customisées par des pointures de l’art urbain. Notre objectif est d’élever le jeu vidéo au rang d’art en l’associant au street art.

JCK : Comment vous est venue l’idée de voir dans les flans d’une borne d’arcade un support potentiel pour une œuvre d’art ? D’ailleurs comment ont réagi les artistes avec qui vous avez collaboré quand vous leur avez proposé d’habiller une borne d’arcade ? Étaient-ils tous sensibles à la pop culture et aux jeux vidéo ?

Kevin : Les bornes d’arcade ont toujours eu des visuels vraiment sympas sur leurs flancs. J’ai en tête la Miss Pacman, Joust que j’adore ou encore la Defender qui me fait vraiment capoter. On a donc voulu rester dans la même continuité, mais avec un style plus moderne, plus street ! Et puis finalement une borne est éteinte 90% du temps. Donc autant lui trouver une utilité côté déco !

Les artistes ont accueilli le projet avec grand plaisir. La borne d’arcade cumule en soit tous les ingrédients d’un projet cool. Une bonne dose d’originalité, un soupçon de rétro le tout saupoudré de quelques souvenirs de jeunesse. Alors oui ils étaient bien entendu sensibles à la pop culture. Time Zdey et son détourage du célèbre Mario, Tim Marsh et son classique Ryu VS Scorpion, Prisme et sa passion pour les super héros ou super vilains issus de l’univers de Marvel ou DCComics ou encore Homek et son hommage à Tetris. Alors oui, je pense que le rapport à la Pop culture n’est plus à démontrer.

JCK : On imagine aisément l’art urbain et le graff croiser le jeu vidéo, c’est le style commun à vos artistes ? Pour autant en voyant les bornes on constate que leurs univers sont très différents, vous nous présentez une ou deux collaborations ?

Kevin : Tous nos artistes sont des enfants des 80’s et ont donc hérité de la culture urbaine du graffiti et grandi pendant celle de l’âge d’or du rétrogaming. Côté univers on a voulu plaire au plus grand nombre sans se fermer à un seul style. Du coup on peut passer d’un univers très brut avec les graffs d’Oré à une ambiance plus onirique avec la borne Shoot’m Susu de Suyer.

JCK : Avec tout ça j’en oublierai presque de dire que vos bornes sont des petits bijoux pour passionnés de jeux vidéo ! Il faut le préciser nous sommes dans la conception haut de gamme, avec forcément un coût d’achat plutôt élevé ?

Kevin : Cette conception haut de gamme et made in France a un coup, c'est vrai. Mais avec moins de 10% d’import, c’est ce qui paye vos retraites les gars et NOS ARTISTES ! Le bois est par exemple sourcé dans une belle menuiserie normande, le panel acier depuis une tôlerie bretonne, toute la verrerie et autres prints depuis des fournisseurs parisiens, etc. C’est simple, on monte que du premium fait pour durer !

JCK : Je le disais, on s'est rencontrés à l’occasion du projet « Zdey the Game » un homebrew sur NES qui prolongeait la création physique de votre toute première borne. Très tôt vous avez eu avec l’artiste Tim Zdey l’idée d’un jeu vidéo ? Les œuvres d’art ne vous quittent pas et sont présentes également à l’intérieur du jeu ? Avec qui avez-vous collaboré pour la création de ce mini-jeu au départ qui s’est étoffé grâce au succès du financement ? 

Kevin : On dépose la borne chez Tim, une semaine après on repasse la récupérer. Tim nous la présente et la conclusion est évidente. Quand est ce que l’on fait le jeu ? Dix-huit mois plus tard, le voici présenté en avant-première sur ta chaine Jean-Christophe. Quel souvenir !

Et les œuvres d’art ne sont jamais bien loin, c'est vrai ! C’est pour cela que 11 artistes internationaux sont venus s’inviter au côté de Tim Zdey dans la quête du métro parisien. Ledania, Astro, Bebar, Chanoir, Diamantaire, Jober & Poes, L'Atlas, Nasty, Pez, Tanc. Je vous invite à les googler. Vous seriez surpris à quel point vous les recroiseriez dans votre quotidien !

Dale Coop nous a épaulé depuis le tout début du projet. C’est un petit génie de la programmation sur NES ainsi que Raftronaut qui était derrière le synthé. Je tiens également à remercier la scène indé française qui nous a vraiment soutenus en relayant au max la campagne Kiss Kiss Bank Bank. Merci les copains ! On aimerait maintenant vous offrir une très belle expérience de jeu avec les nouveaux niveaux développés grâce à votre soutien. Et continuer de vous surprendre avec des mécaniques originales et pourquoi pas un petit portage sur les stores Next Gen =)

Merci  !

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