Dossier Retro - Psycho Fox sur Sega Master System

Psycho Fox est avec Wonderboy 3 l’un des meilleurs jeux de plateformes de la Master System. Bien que moins connu qu'un Alex Kidd, il renvoie ce dernier à ses chères études et marche même sur les traces d'un certain plombier moustachu

Pour ce tout premier dossier retro, j'ai décidé de vous parler d'un jeu que j'ai beaucoup apprécié dans ma jeunesse : Psycho Fox

Psycho Fox est un jeu de plate-forme sorti en 1989 développé par Vic Tokai, société japonaise qui a fait des jeux-vidéos durant les années 80/90, qui a été édité par SEGA. Alors que beaucoup de leurs jeux seront édités par Nintendo, le titre le plus connu est incontestablement ce dernier. Nous sommes à la fin des années 80, Sega est à la recherche d'une nouvelle mascotte pour remplacer Alex Kidd (Sonic n’existant pas encore), ce dernier n'ayant pas eu le succès commercial attendu pour contrer le moustachu italien de la firme de Kyoto qui, en 1988, était le héros du cultissime Super Mario Bros 3, véritable millions seller et considéré à l'époque par la critique comme le "meilleur jeu du monde".

Ainsi va naître cette pépite du jeu de plate forme sur Sega Master System.

                                                                       
                                                                                               Ecran titre du jeu
 

Mais tout d'abord, petit point sur l'histoire (car oui, il y en a une) et elle s'inspire du folklore et de l'histoire du Japon. Le méchant, un daimyō (gouverneur féodal Japonais) du nom de Madfox, a pour projet d'asservir tout les animaux de son royaume. Il en faut pas plus pour que vous, Psycho Fox, soyez désigné pour sauver tout ce beau petit monde. Alors certes, l'histoire n'est pas folle, mais nous somme sur un jeu de plate forme en 1989 : il n’en faut pas plus.

Vous incarnez donc un renard japonais en tenue de sport. De plus, comme dans les croyances du folklore japonais, ce dernier pourra se transformer. Il y aura 3 transformations possibles pour un total de 4 personnages jouables, à savoir le renard, l'hippopotame, le chimpanzé et le tigre.

Ces transformations auront pour but de changer légèrement le gameplay et votre vision des niveaux, là ou le renard est un personnage régulier dans tout ses aspects, l'hippo fera des sauts ridicules mais sera capable de casser des bloc de pierres, le chimpanzé sera le plus lent et celui qui saute le plus haut, le tigre le plus rapide et celui qui saute le plus loin. Cela nous rappelle bien entendu le Super Mario Bros 2 de Nintendo avec son choix parmi 4 personnages avant chaque niveau.

Autre ressemblance, les warps zones extrêmement nombreuses. Il vous faudra les trouver, souvent en hauteur dans des zones totalement invisibles ! Le système de niveau est lui aussi inspiré de Mario Bros  à savoir 7 mondes comportant chacun 3 niveaux.

                                                                       
                                                                                Exemple de l'inspiration du 'world level'
                                                                                                    façon mario
 

Bref, Psycho Fox se veut être un concurrent solide. Si aujourd'hui encore il est considéré, à juste titre, comme l'un des meilleurs jeux de plate-forme de sa génération, c'est parce que les qualités sont nombreuses.

Ce dernier ne fait pas que s'inspirer bêtement du gameplay de Mario, il incorpore ses propres mécaniques qui feront son succès auprès des joueurs. Les déplacements se font toujours sur scrolling horizontale, mais aussi verticale ce qui donne plusieurs chemins possibles par niveau, mais là où le jeu se différencie de ses concurrents, c'est par son inertie apportée aux déplacements du héros. Là où dans un Mario il suffit d'appuyer sur le bouton pour courir directement ou sauter, dans Psycho Fox le héros marche, puis accélère pour au final courir, il vous sera donc difficile de sauter à certain moment si l'espace manque allant jusqu'à faire du sur place. Cela entraînant une mort très... frustrante pour le joueur !

La qualité du jeu repose en partie sur cette mécanique d'inertie (qui sera reprise par Sonic à sa sortie en 1991), elle est terriblement exigeante et donne au jeu une réelle difficulté proche du die and retry à certains moments. Cette inertie sera bien entendu plus ou moins forte selon la transformation de notre renard.

Autres point important, il s'agit des différentes façons de vaincre les ennemies qui pullulent dans les niveaux. Plusieurs choix s'offre alors à vous : -Leur sauter dessus deux fois, la première fois servant uniquement à assommer. -Les frapper avec le poing... mais la hit box est réellement des plus capricieuses. De ce fait, si vous toucher c'est du 50/50, à savoir tuer ou être tué. -Attaquer avec un oiseau que vous trouverez dissimulé dans un des nombreux oeufs surprises du niveau, ce dernier attaque à distance et revient sur vous, et vous donne une vie supplémentaire au cas où vous vous feriez toucher.

                                                                        
                                                                      L'oiseau qui nous sert de compagnon de fortune,  
                                                                               un oeuf et une potion d'invinsibilité
 

D'ailleurs ces même oeufs contiennent d'autres surprises, à savoir des objets qui vous seront utiles lors de votre aventure, des vies ou... des ennemies.

Les objets pour un jeu de l'époque sont variés, il y aura tout d'abord l'objet qui vous permettra de changer de forme pour vous adapter au niveau ou à votre envie. Ces objets se trouve assez régulièrement mais sont inutilisable durant les boss.

L'autre objet représente une sorte de 'corps' tout simple, son effet permet de détruire tous les ennemis présents sur l'écran. Mais là où c'est encore plus fort, c'est que l'utilisation de cet objet crée un effet de distorsion à l'écran, une première pour l'époque mais aussi une réel prouesse technique pour une machine 8-bits.

Vient ensuite la potion qui rend invisible un court moment, ou encore la bourse qui vous permettra de jouer à un mini-jeu en fin de niveau dans lequel il faudra choisir un chemin aléatoire que le héros empruntera... plusieurs issues sont disponibles à savoir 1 à 5 vies si vous atteignez le temple shintō , objets ou... le vide pour les plus malchanceux.

                                                                         
                                                                          Le menu du jeu, permattant de transformer
                                                                                 notre héros et/ou utiliser un objet.
 

Sur le plan technique, le jeu est superbement réalisé, les couleurs sont belles, les sprites de bonne qualité et aucun clignement ne vient faire défaut lorsque l’on joue même à toute vitesse. La console de Sega avait déjà un petit plus vis-à-vis de la qualité de l’image en comparaison avec la NES, mais là on atteint vraiment le sommet pour l’époque.

Mais parlons plutôt de l’OST du jeu. Car cette dernière aura souvent mis les joueurs d’accord, elle est excellente ! La puce sonore de la master system (YAMAHA YM2413 au japon, pas la même dans les autres pays malheureusement) assure le rendu de belle manière. Les thèmes sont certes peu nombreux mais ils sont fort. Aujourd’hui encore 20 ans après je me suis surpris à les reconnaître sur le bout des doigts comme je le ferais avec le thème d’un Zelda par exemple.

Une version alternative brésilienne (pratique courante durant cette période) sortie en 1994, dévelloppé par Tec Toy  et s’appellant ‘ Sapo Xule vs os invasores do brejo’ éxiste. Notre renard est ici remplacé par une grenouille et ses amis par un cochon, une souris et une tortue ! L’oiseau lui est devenue une chaussure, malgrès ces différences, le jeu lui est en tout point identique.



                                                                       
                                                                           Ecran titre de la version brésilienne par Tec Toy


Conclusion :

Au final, Psycho Fox est un jeu exigent mais qui mettra d'accord tout joueur qui saura passer outre ses premières difficultés dues à son gameplay assez lourd, mais terriblement bon. Il dispose de ce fait d'une bonne réputation même si à l'époque le succès commercial n'a pas été au rendez-vous. Aucune suite n'a malheureusement vu le jour au fil des années.

pour aller plus loin

vous serez sans doute intéressé par...

Restez dans la boucle !

Et recevez l'actualité retrogaming chez vous