L'aventure textuelle, genre fondateur du jeu vidéo, n'a jamais vraiment disparu des machines rétro. The City of Gold - Part 1 en apporte une nouvelle preuve. Signé du Suédois Per Holmström, alias Grottkräl, ce cRPG d'aventure mêle narration moderne et contraintes d'un moteur d'époque pour proposer une quête de trésor sur Commodore Amiga et navigateur web. Une sortie discrète, repérée par Indie Retro News, qui illustre la vitalité d'une scène où l'imaginaire prime sur la puissance technique.
Un auteur de jeux de rôle passé au pixel
Le nom de Per Holmström n'est pas inconnu des rôlistes. On lui doit notamment Drakborgen: The Secret of Ath Ungol, aventure primée pour le système Dragonbane. Avec The City of Gold, il transpose son savoir-faire de conteur dans un format vidéoludique délibérément austère. Le jeu repose sur le moteur DAAD Ready, développé par Uto à partir du vénérable système d'aventures textuelles DAAD, et hérite de ses limitations assumées : une palette de 16 couleurs et une base de code de 64 ko, extensible de 64 ko supplémentaires via le module Xmessage. Des cadres rigides qui, loin de brider la proposition, en font tout l'intérêt — le titre embarque une histoire complète, des graphismes dédiés et même des bruitages.
Un cRPG à l'ancienne, jouable au clavier
Le scénario plante un décor familier mais efficace : une cité d'or légendaire, jadis dirigée par un homme et ses cinq acolytes versés dans la sorcellerie, désormais engloutie dans le chaos après l'ouverture d'un passage vers un autre monde. Le joueur incarne un aventurier qui ne dispose que d'une carte vague et de quelques rumeurs de taverne pour retrouver le temple caché au cœur de forêts interdites.
La jouabilité reprend les codes de la fiction interactive à parseur : on explore les lieux et manipule les objets au moyen de commandes saisies au clavier — SEARCH, EXAMINE, PUT, CLIMB — et l'on se déplace selon les points cardinaux. Les personnages rencontrés répondent aux verbes TALK, ASK, GIVE ou SHOW. Mais Grottkräl y greffe une véritable mécanique de jeu de rôle. L'aventurier démarre avec 10 points de vie et quatre caractéristiques — force, agilité, personnalité et intelligence — sollicitées lors de jets de dé à cent faces. La force conditionne les combats, où chaque attaque inflige au moins un point de dégâts, un jet réussi en ajoutant un autre. Le système privilégie le principe du fail forward : l'action réussit souvent, mais avec des conséquences variables. Gare toutefois aux décisions imprudentes, car la mort guette le joueur négligent.
Disponible sur Amiga et navigateur
Côté accessibilité, Grottkräl ratisse large. Sur Amiga, le jeu se lance depuis une disquette, un support GOTEK, un disque dur ou un émulateur, la sauvegarde s'effectuant sur une disquette dédiée. Une version HTML permet d'y jouer dans n'importe quel navigateur compatible JavaScript, sauvegarde dans un fichier à l'appui. Le titre dissimule par ailleurs plusieurs easter eggs à débusquer, et la mention « Part 1 » laisse présager une série au long cours.
Cette parution s'inscrit dans une dynamique homebrew bien vivante sur la machine de Commodore, déjà illustrée par des projets comme le portage de L'Abbaye des Morts ou les créations issues de la scène Amiga. The City of Gold - Part 1 est disponible sur la page itch.io du jeu, l'auteur entretenant par ailleurs son catalogue sur Grottkräl Publishing.
Sources : itch.io
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