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Abandonware - le compromis impossible

Le Saviez vous ? par 2616 lectures

Abandonware - le compromis impossible

Tour d'horizon et tentative de définition de l'Abandonware. Questions soulevées par le libre téléchargement d'anciens jeux qui ne sont plus disponibles dans le commerce. Un article inachevé bien sûr !

Définition générale de l'Abandonware

Des jeux abandonnés...

Pour partir sur de bonnes bases,  commençons par une définition la plus large possible : 

« abandon » (« abandonner, délaisser ») et « ware » (produits), pour « software » 

Dans sa définition la plus généralement acceptée, l'abandonware (logiciel abandonné,  abandogiciel et par anglicisme abandonware) correspond aux anciens logiciels, jeux vidéo ou utilitaires qui ne sont plus supportés par les machines actuelles et qui ne sont plus commercialisés depuis longtemps.

Ils sont ainsi considérés comme abandonnés par leurs éditeurs et les producteurs légitimes, puisqu'ils n'en assurent plus la vente, ni le service après-vente depuis longtemps, et n'en retirent plus aucun bénéfice financier.

... mais pas forcément gratuits 

La question qu'il convient de se poser immédiatement est celle de la légalité de la chose. La notion d'abandonware n'a pas de base légale (tant que l'éditeur n'a pas libéré les droits) et ne signifie pas du domaine publique.

L'utilisation gratuite d'un logiciel abandonné est de ce fait illégale puisqu'il est toujours protégé par le droit d'auteur. Ceci est d'autant plus vrai que la loi interdit de faire une copie d'un jeu commercial s'il elle sort d'un usage personnel et/ou si on ne possède pas le support original

Même si la durée de droit d'auteur est généralement de 70 ans, le logiciel peut en revanche devenir tacitement orphelin. Il ne peut être proposé en libre téléchargement que provisoirement, et selon le bon vouloir de son éditeur qui peut le recommercialiser.

C'est seulement si son éditeur accorde cette utilisation gratuite qu'il devient un gratuiciel. De ce fait, le logiciel abandonné n'est disponible que par un compromis fragile et évolutif entre les maisons d'édition du logiciel, les ayants droit et les utilisateurs.

les magazines aussi !

Pour info, c'est selon ce même compromis qu' Abandonware Magazine a vu le jour et nous permet aujourd'hui de découvrir ou de redécouvrir des numéros complets d'anciens titres informatiques francophones : consacré au magazine Tilt d'abord, il devint rapidement cette bibliothèque numérique consacrée aux anciens magazines informatiques que l'on connaît.

La définition évolutive d'Abandonware France

Des origines de l'Abandonware

Abandonware France est à mes yeux le meilleur représentant de cette pratique en France et à ce titre, sa définition compte double.

Au fil des années, le matériel et les jeux vidéo sont devenus obsolètes et ont petit à petit disparu au profit des nouvelles générations. C'est à partir de 1997 avec l'émergence d'internet et devant l'engouement des amoureux des vieilles choses numériques que de nombreux sites ont vu le jour, proposant en libre téléchargement d'anciens jeux indisponibles dans le commerce.

Spécialisé dans les jeux PC et Mac, Abandonware France stipule que cette pratique est illégale et n'est que tolérée actuellement.

quand abandonware france s'appelait Lost Treasure...

à nos jours

Dans l'esprit, la date de sortie des jeux était le seul critère suffisant pour déterminer si c'était un abandonware ou non. Mais les mentalités et la pratique du retrogaming en a voulu autrement, poussant Abandonware France à revoir sa copie :

  • Sa date de première distribution ne doit pas être postérieure à 1999.
  • Il ne doit plus être commercialisé, du moins dans sa version francophone. Si le jeu est encore commercialisé mais à l'étranger, un consensus au sein de l'équipe peut amener à ce que le jeu soit tout de même diffusé sur Abandonware France dans sa version francophone.
  • Les ayants droit ne se sont pas positionnés contre sa distribution gratuite.
  • Il faut que l'équipe d'Abandonware France soit d'accord pour le considérer comme abandonware.

L'abandonware, c'est de l'amour !

des gens de bonne volonté

Les adeptes de logiciels abandonnés et ceux qui les distribuent ne sont pas des voyous mais des amoureux nostalgiques de ce qu'ils ont apprécié jadis et qu'ils ne trouvent plus dans le commerce. Autre paramètre, la fragilité des supports. Si on ne sauvegarde pas ces jeux, ils seront amenés à disparaître...

Wokie le dit assez bien sur le site Abandonware France en réaction au dossier paru sur Pix'n Love #27 :

Certains pourront reprocher de ne voir l'abandonware que par le biais de la légalité, et de ne pas écrire sur la passion, le travail encyclopédique, les jeux réellement sauvés mais il faut bien voir que c'est le sujet numéro 1 pour tous. En effet, nous nous battons pour faire accepter l'abandonware et les sociétés et ayant-droits veulent défendre leurs points de vue. 

Leur but est de conserver une trace historique des jeux vidéo, et s'ils ne peuvent vous les fournir gratuitement, les sites se feront en général un plaisir de vous aider à vous les procurer légalement. 

Motivés par l'envie de faire découvrir des jeux à ceux qui sont trop jeunes et/ou qui sont passés à côté à l'époque de leur sortie, les administrateurs d'Abandonware France font preuve de bonne volonté et s'engagent à retirer immédiatement de leurs serveurs tous jeux dont la commercialisation a repris ou dont les ayants droit ont contacté les administrateurs pour demander à ce que leurs jeux ne soient plus distribués gratuitement sur le site.

pour faire revivre les jeux

Face aux nombreuses contraintes techniques, des développeurs ont élaboré de nombreux émulateurs de plus en plus performants qui permetent le fonctionnement de ces vieux logiciels.

En simulant l'environnement d'anciens systèmes d'exploitation, consoles et périphériques, les émulateurs ont rendu le retrogaming possible jusqu'aux consoles de sixième génération.

Ces jeux connaissent grâce à la communauté un second souffle mesuré par les éditeurs : LucasArts, prenant conscience de cet engouement avait réédité ses plus grands point and clic sur CD-ROM.

Une tendance qui s'essouffle

Avec l'engouement (le manque d'imagination expliquant cela) des éditeurs pour le retrogaming, il devient aujourd'hui de plus en plus facile de jouer aux vieux jeux vidéo. Réédités volontiers par les fabricants, les enjeux commerciaux autour du retrogaming ont tendance à gommer petit à petit l'importance de l'Abandonware qui s'étiole et meurt à petit feu.

Signe à prendre avec des pincettes toutefois, les tendances de recherche Google concernant l'Abandonware (en rouge) est en chutte libre et se fait double par le retrogaming (en bleu) :

Les sites d'abandonware ont démocratisé par leur activité la pratique du retro dans les années 2000. Les éditeurs et fabricants se sont engouffrés dans cette tendance et ont profité de l'aubaine. DotEmu, Gog ayant fait leur oeuvre, désormais, on ne cherche plus de l'abandonware mais du retrogaming.


cet article est une ébauche de réflexion, il est destiné à être corrigé, complété... vos commentaires seront donc les bienvenus !

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