Morrowind sur Amiga : Vvardenfell passe à l'AGA

/ AmiWind porte The Elder Scrolls III: Morrowind sur Amiga 1200 grâce au moteur d'AmiQuake. Une preuve de concept qui exige le jeu original et un 68040.
publié le 1er octobre 2026

Vingt-quatre ans après sa sortie, The Elder Scrolls III: Morrowind pose un pied sur une machine qui n'avait jamais été conçue pour l'accueillir. Harry Horsperg, alias FlyingFathead, membre du Finnish Amiga Users Group, a publié sur GitHub AmiWind, un portage non officiel du jeu de Bethesda sur Amiga. Le projet est encore en développement, mais une partie du jeu tourne déjà.

Vvardenfell en AGA

L'auteur le présente lui-même comme une « preuve de concept, pas un portage fini de Morrowind ». AmiWind associe deux briques : des outils de conversion, écrits en Python, qui transforment les données du jeu original, et un moteur natif pour le jeu de puces AGA de l'Amiga 1200, écrit en C. Ce moteur s'appuie sur le code de Quake d'id Software, à travers la lignée d'AmiQuake, modifié et adapté pour l'occasion.

La version 0.0.24 a déjà de quoi impressionner. Les 3 551 modèles du jeu sont convertis, et l'île de Vvardenfell est reproduite en entier avec son terrain polygonal. Côté intérieurs, on compte 43 lieux visitables à Balmora et 25 zones à Seyda Neen. L'écran de création du personnage est complet (race, sexe, classe et signe astrologique), avec un aperçu de la tête en rotation, et s'accompagne d'un journal, d'une carte interactive et d'une galerie donnant accès aux 2 935 fiches de personnages et de créatures. On se déplace au clavier et à la souris, et l'on interagit avec les portes et les habitants.

Si tout cela est impressionnant en l'état, le chemin reste encore bien long. Le système de combat, les quêtes, les services des personnages, leurs emplois du temps et l'inventaire ne sont pas encore implémentés. Les sauvegardes conservent seulement les choix du personnage et le journal. La documentation reconnaît aussi plusieurs problèmes de contact avec le sol non résolus, et cultive l'humour au sujet des performances : « la prophétie ne disait rien sur le nombre d'images par seconde ».

Une configuration musclée

Faire tourner un jeu de 2002 sur une architecture de 1992 a un coût technique. La configuration de référence est un Amiga 1200 en PAL équipé d'un processeur 68040 avec coprocesseur de 2 Mo de mémoire Chip et de 16 Mo de mémoire Fast. Une expérience sur Amiga 500 est conservée dans le projet, mais les performances sur un A1200 de base n'ont pas été vérifiées. Le projet se teste aussi en émulation, avec FS-UAE ou WinUAE, des préréglages étant fournis. Il faut une ROM Kickstart 3.1, non fournie.

L'ambition rappelle d'autres adaptations improbables de jeux PC sur la machine de Commodore, comme OpenTTD, dont le train passe aussi par l'Amiga. Les possibilités 3D de l'AGA se mesurent aussi avec Hyper Runner, un F-Zero nerveux sur Amiga 1200.

Le jeu original reste indispensable

Comme les reconstructions récentes de jeux PC, à l'image de la seconde jeunesse d'Heretic II par rétro-ingénierie, AmiWind ne contient aucune donnée commerciale. Il faut posséder le jeu et fournir ses fichiers originaux. Le développeur recommande l'édition Game of the Year vendue par GOG, dont les polices TrueType améliorent la conversion des textes. La version Steam fonctionne, avec un rendu moins soigné.

Le code est publié sous licence GPL, et la compilation produit une image disque prête à l'emploi. L'avancement est à suivre sur le dépôt GitHub du projet, et une vidéo de la version 0.0.21 a été mise en ligne par le Finnish Amiga Users Group. Les autres nouveautés de la machine sont à retrouver sur notre page Amiga.

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